Derrière l’omniprésence de Mélenchon, la gauche réfléchit au choix du Premier ministre

Vote entre parlementaires, choix par consensus… Toutes les composantes du Nouveau Front populaire cherchent le moyen de se mettre d’accord sur le processus de désignation de son chef de file en cas d’obtention d’une majorité au soir du second tour des législatives.

Lucas Sarafian  • 27 juin 2024
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Derrière l’omniprésence de Mélenchon, la gauche réfléchit au choix du Premier ministre
Les représentants des forces de gauche membres du Nouveau Front populaire, à Paris, le 14 juin 2024.
© Maxime Sirvins

La gauche joue collectif. Dans le cadre du Nouveau Front populaire (NFP), socialistes, écologistes, insoumis et communistes ont mis de côté leurs désaccords pour cette campagne législative. Le programme commun ? Signé. L’accord sur la répartition des circonscriptions ? Signé. La désignation d’un chef de file qui pourrait accéder à Matignon en cas d’obtention d’une majorité absolue ou relative le 7 juillet prochain ? Oublié. « Il n’y a pas eu d’accord écrit, il n’y a pas eu de discussions formelles sur le sujet pendant les négociations », affirme un cadre de gauche. En clair, la question est remise à plus tard.

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Néanmoins, l’omniprésence médiatique de Jean-Luc Mélenchon force les têtes pensantes de la gauche à se pencher sur le sujet. Car le triple candidat à la présidentielle serait la personnalité politique qui susciterait 68 % de rejet, selon un sondage Odoxa pour Public Sénat le 25 juin. L’ancien socialiste crispe ses partenaires par ses petites phrases. Le 24 juin sur France 2, Mélenchon lâche : « Si c’est moi qui dois être Premier ministre, admettez que je ne suis peut-être pas le moins mal placé pour exercer cette fonction. » Il se place donc lui-même au centre du jeu, mais glisse quand même quelques noms insoumis qui pourraient être des options possibles, comme Manuel Bompard, Mathilde Panot, Clémence Guetté, Éric Coquerel et Younous Omarjee.

Centre de gravité

Deux jours plus tôt sur France 5, il ne se croit « pas concerné par cette bataille : je ne m’élimine pas et ne m’impose pas, je ne fais pas une carrière » pour éviter « le pia-pia des gauchistes qui passent leur temps à s’engueuler entre eux ». Au passage, il assure qu’un accord existe entre les composantes de gauche quant à la désignation du candidat possible au poste de Premier ministre. Selon lui, le groupe parlementaire le plus important élu à l’Assemblée nationale aurait la responsabilité de présenter aux autres forces de gauche le candidat à la primature.

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Il rejoint ainsi la proposition de la direction de son mouvement coordonné par Manuel Bompard. Les insoumis, qui devraient probablement être le groupe de gauche le plus fort à l’issue de ces législatives, considèrent que cette méthode est la plus juste, car elle permettrait d’être représentative du centre de gravité d’une potentielle coalition de gauche.

Il y aura un vote parce que c’est la seule façon d’arbitrer.

O. Faure

Si l’existence d’un tel accord est sérieusement remise en question par les partenaires de gauche, toutes les composantes du Nouveau Front populaire s’entendent sur la nécessité de choisir un chef de file après ces législatives. Mais avec quelle méthode alternative ? Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), propose l’organisation d’un vote entre les quatre groupes de gauche à l’Assemblée nationale. « Il y aura un vote parce que c’est la seule façon d’arbitrer », avance-t-il le 18 juin sur BFMTV.

« Nouvelle primaire »

Certains socialistes espèrent également que ce vote pourrait concerner les groupes de gauche des deux chambres qui composent le Parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Une manière de rééquilibrer le rapport de force à leur avantage puisque les roses comptent le deuxième groupe le plus important à la Chambre haute avec 64 sénateurs.

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Les insoumis perçoivent cette idée de processus comme une tentative d’organiser « une nouvelle primaire », selon les mots du député insoumis sortant du Val-d’Oise Paul Vannier. « La question centrale est de trouver l’incarnation qui fasse consensus. Est-ce que ce sera un vote avec l’ensemble des parlementaires ? Ou un accord avec tout le monde ? Pour le moment, rien n’est fixé. Ce qui est certain, c’est qu’il y aura une discussion entre toutes les entités du Nouveau Front populaire pour déterminer un dispositif humain avec un Premier ministre et une équipe gouvernementale après le 7 juillet si nous obtenons une majorité », répond Maxime des Gayets, membre de la direction du PS.

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