« La Décollation du raton laveur » : bière et paix
Fred Léal met en scène des légionnaires à Kourou dans un style burlesque.
dans l’hebdo N° 1815 Acheter ce numéro

© John Foley / POL
Fred Léal n’en a pas fini avec les souvenirs de son service militaire. Après son premier livre, Selva ! (POL, 2002), il y était revenu dans Asparagus (POL, 2013). En voici un nouvel épisode dans La Décollation du raton laveur. Mais attention, nulle nostalgie pour les levers de drapeau et autres marches en cadence ! L’écrivain – dont l’alter ego se nomme Rod Loyal – a passé son service comme médecin aspirant à Kourou, en Guyane, dont il tire des anecdotes et une galerie de personnages contribuant à l’univers qu’il déploie de livre en livre, dont le maître mot est le burlesque.
Un burlesque grandement favorisé par l’écriture de Fred Léal, qui repose sur une typographie carnavalesque (mais toujours lisible). Les phrases sont éclatées sur la page, comme si celle-ci captait plusieurs sources de bruits ou de paroles synchrones, ce qui donne une série de collisions textuelles drolatiques. Par exemple, le terme « heineken© » ne cesse de trouer les lignes, correspondant à chaque gorgée de bière avalée par un personnage – et la soldatesque en est une consommatrice acharnée. « C’est l’effet collatéral d’une consommation régulière et soutenue de Heineken, qui est un peu notre sponsor si vous voyez ce que je veux dire », souffle le narrateur à une jeune femme faisant une remarque sur la silhouette rebondie d’un militaire.
"Ramassis de casses-berles en treillis"Rod Loyal, responsable de l’infirmerie du camp de la légion à Kourou, est assisté d’un « ramassis de casses-berles en
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