Assemblée : la gauche reste aux finances, les deals entre droite, Macronie et RN continuent
La gauche gagne la présidence de la commission des finances et celle des affaires culturelles et de l’éducation. Les Macronistes se taillent la part du lion grâce à l’appui quasi-systématique des députés du Rassemblement national.

© Thomas COEX / AFP
Troisième et dernier round. Après la réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir et l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, c’était au tour des présidences des commissions d'être votées, ce samedi 20 juillet au matin. Des scrutins moins médiatiques mais très stratégiques. Affaires sociales, affaires étrangères, développement durable, lois, affaires culturelles, affaires économiques, finances, défense… Les huit commissions permanentes examinent les projets et propositions de loi en lien avec leur sujet de prédilection.
La présidence d’une commission est synonyme de pouvoir. Autant dire que tous les groupes s’arrachent le moindre poste. Tractations, accords de circonstances… Depuis trois jours dans les salles du Palais-Bourbon, la marmite politicienne est en pleine ébullition.
Coutume républicaineSur la ligne de départ, Charles de Courson pour le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot), Jean-Philippe Tanguy pour le Rassemblement national (RN), Éric Coquerel, député insoumis soutenu par le Nouveau Front populaire (NFP), et Véronique Louwagie, députée de la Droite républicaine. Cette dernière est défendue par les troupes macronistes en contrepartie du vote des députés de droite pour la réélection de Yaël Braun-Pivet au perchoir. C’était le deal conclu entre Gabriel Attal et Laurent Wauquiez.
La gauche place beaucoup d’espoir sur ce poste très tactique. Mais un élément peut tout faire capoter : le vote des députés macronistes. Le règlement de l’Assemblée exige que le poste de président de cette commission revienne à un député de l’opposition. Et la coutume républicaine veut que les députés appartenant à des groupes politiques se déclarant dans la majorité ne prennent pas part à cette élection – le Modem, Horizons et Ensemble pour la République (EPR) ont déclaré faire partie de la majorité, ce qui n’est pas le cas de la Droite républicaine, qui a toutefois négocié des postes avec les macronistes.
"Passage en force"Juste avant le vote, certains députés macronistes sont ambigus sur la position de ces trois groupes. « Le fait de ne pas prendre part au vote est une règle qu’on avait dictée qui était conforme à l’esprit du règlement. Mais les choses partant un peu dans tous les sens… LR est un groupe d’opposition, donc ce sera bien un groupe d’opposition. Ça, c’est intangible », dit le député EPR Éric Woerth. « C’est un passage en force de plus », regrette Éric Coquerel.
La menace se concrétise quelques minutes plus tard. Les macronistes soutiennent en masse la candidate de la droite Véronique Louwagie. « La
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