D’eau et de colère

Les 19 et 20 juillet, les militants des Soulèvements de la Terre ont manifesté à côté de Poitiers et à La Rochelle pour exiger un moratoire sur les mégabassines. Reportage photo.

Maxime Sirvins  • 24 juillet 2024 abonné·es
D’eau et de colère
© Maxime Sirvins

La version longue de ce reportage est à retrouver ici.

1 - Du 16 au 21 juillet 2024, des milliers de militants antibassines ont convergé vers le Village de l’eau dans les Deux-Sèvres à l’appel des Soulèvements de la Terre et de Bassines Non Merci. La veille de la première journée d’action, l’organisation annonce que le camping est plein. Pour ceux qui arrivent encore, pas le choix, il faut poser la tente dans le parking situé à deux kilomètres dans un champ labouré.

2 - Vendredi 19 juillet, le plan pour la première manifestation est modifié au dernier moment face au dispositif des forces de l’ordre. Initialement, divers points de rassemblement menaient à Saint-Sauvant. Un projet de mégabassine doit y démarrer en septembre. La nouvelle cible est un site agro-industriel emblématique, accusé de promouvoir les mégabassines dans le Poitou. Sous un soleil assommant, des milliers de manifestants s’élancent après avoir subi de nombreux contrôles sur les routes.

3 - Au bout de plusieurs minutes, la marche aperçoit les gendarmes, postés au loin. La décision est prise de couper à travers champs. Des grenades lacrymogènes sont tirées pour faire reculer la foule, mais elles incendient rapidement un champ andainé. « Dépêchez-vous ! Les flammes avancent ! », hurle un homme au visage masqué, alors que le cortège se retrouve bientôt coupé en deux par les flammes.

4 - Entraînés par une fanfare, jeunes militants, agriculteurs, familles et syndicalistes reprennent la marche, certains déguisés ou équipés de masques à gaz. Mais après quelques minutes, confrontés aux gendarmes et ébranlés par les flammes, les militants décident d’arrêter la manifestation. Julien Le Guet, figure de la lutte contre les mégabassines, explique : « On ne peut pas prendre le risque de continuer, il faut se replier. » La journée de demain s’annonce encore plus chaude.

5 - Samedi 20 juillet, deux cortèges marchent sur le port de La Rochelle, d’où sont exportées de grandes quantités de céréales. Le deuxième groupe, massif et déterminé, sera noyé dans les gaz lacrymogènes avant même d’arriver à mi-chemin. Coincés, mais soudés, les militants font preuve d’une solidarité impressionnante. Alors que les boucliers tiennent

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Écologie
Temps de lecture : 6 minutes

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