Nicolas, pêcheur de Loire : une espèce en voie de disparition
Sur le plus long fleuve de France, ils ne sont plus qu’une soixantaine à exercer leur métier. Une activité qui fait figure d’artisanat en comparaison de la pêche en mer. Rencontre avec un passionné attentif à son environnement.
dans l’hebdo N° 1820-1824 Acheter ce numéro

© Mathilde Doiezie
Lorsque l’été bat son plein, le cœur de l’activité de pêcheur de Loire, lui, pulse au ralenti. Nicolas Guérin, 41 ans, s’emploie à repeindre son bateau ou à réparer ses nasses à Saint-Florent-le-Vieil, à mi-chemin entre Nantes et Angers. Ou il donne un coup de main à des voisines vigneronnes. C’est aussi l’époque où son associé, Matthieu, et lui embarquent curieux et touristes à bord d’une de leurs toues, le bateau traditionnel à fond plat de la Loire, pour des promenades à la découverte du cours d’eau et de leur métier. Une diversification nécessaire pour conserver la tête hors de l’eau en tant que pêcheur sur le plus long fleuve de France.
Car ils ne sont plus qu’une soixantaine à exercer ce métier sur le bassin de la Loire, selon les données de l’Association agréée des pêcheurs professionnels en eau douce du bassin Loire-Bretagne et de celle dédiée uniquement au département de Loire-Atlantique, l’Aapped 44. Contre plusieurs centaines il y a cinquante ans. Historiquement, la pêche pouvait se pratiquer sur la Loire de l’estuaire jusqu’à Nevers. Actuellement, ceux qui la pratiquent le plus en amont sont situés autour d’Orléans.
Être pêcheur de Loire représente désormais le pari un peu fou de passionnés. Nicolas Guérin, casque blond et oreille gauche parée de deux boucles argentées, n’avait pourtant pas le profil type. Contrairement à son associé, dixième membre de sa famille à assurer la relève du métier, lui n’était pas prédestiné. Nicolas a grandi à moins de dix kilomètres de la Loire mais, dans ses jeunes années, il aspirait plutôt à disserter en suivant une licence de philosophie. Sauf qu’il ne se sentait pas à sa place au sein de sa promotion. De l’autre côté de l’Erdre, autre cours d’eau traversant Nantes, se trouvait un lycée maritime. « J’ignorais tout de cet univers, mais je me suis dit que je me sentirais probablement plus à l’aise avec des matelots », se souvient-il.
La formation était courte : six mois pour les adultes. De quoi envoyer rapidement de nouvelles forces vives sur les bateaux
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