Une rentrée sociale ? « On ne sait pas. C’est le bordel »
Les syndicats – CGT en tête – évoquaient une mobilisation sociale début octobre. Mais après le refus d’Emmanuel Macron de nommer un gouvernement du NFP, la colère populaire pourrait s’exprimer lors d’une mobilisation prévue le 7 septembre.
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© Jerome Gilles / NurPhoto / AFP
"Une rentrée offensive » pour « construire une mobilisation avec toutes celles et ceux qui le souhaitent, fin septembre, début octobre. » Dimanche 25 août, Sophie Binet, la secrétaire générale de la centrale montreuilloise, confiait ceci dans les colonnes de nvo.fr, le site de l’entreprise de presse de la CGT. Mais, depuis, l’article a été retiré. Au sein du bureau confédéral, il a été décidé de ne pas communiquer. « Tout simplement parce que les décisions seront prises mercredi soir », nous assure-t-on le mardi 27, sans expliquer ce retrait de l’interview de Sophie Binet.
Pourtant, de nombreux regards sont désormais tournés vers les organisations syndicales. En réactivant le souvenir du Front populaire, les images des grandes grèves de juin 1936 sont dans toutes les têtes. Elles sont encore plus vivaces au lendemain du refus d’Emmanuel Macron de nommer à Matignon Lucie Castets, mandatée par le Nouveau Front populaire pour devenir première ministre et soutenue par la CGT.
Juste après ce refus, acté par un communiqué publié par l’Élysée, les appels à une mobilisation ont inondé les réseaux sociaux. Notamment portés par des responsables politiques, insoumis et communistes en tête, et par les organisations de jeunesse. L’Union syndicale lycéenne s’est fendue d’un communiqué déterminé : « [La jeunesse] doit prendre la tête d’une grande mobilisation démocratique. » La date est fixée au samedi 7 septembre.
Il faut montrer que le NFP est crédible partout : à Matignon en passant par l’Assemblée nationale et la rue.
M. NadelContacté, son président, Manès Nadel, évoque « un retour positif de plusieurs partis de gauche mais aussi d’organisations de la société civile comme le Planning familial ». La France insoumise a immédiatement soutenu l’initiative. « Il faut montrer que le NFP est crédible partout : à Matignon en passant par l’Assemblée nationale et la rue. » Le syndicaliste espère « une longue marche à Paris et dans toute la France ». Une ambition que partage l’Union étudiante. La porte-parole de l’organisation, Éléonore Schmitt, explique que le rendez-vous début octobre suggéré par la CGT semblait trop loin. « Il faut lancer les hostilités avant, et c’est intéressant quand la jeunesse propose cette étincelle », avance-t-elle.
Mais du côté des syndicats, aucune réaction à l’heure où nous écrivons ces lignes – la CGT devrait communiquer le 29 août. À la CFDT, par exemple, rien ne semble décidé. « On ne sait pas, c’est le bordel », confie une syndicaliste de la plus grosse organisation syndicale du pays qui ne cache pas son malaise face à la situation politique actuelle. Un bureau national doit se tenir lundi 2 septembre mais la participation du syndicat réformiste à une mobilisation pour la nomination d’un gouvernement du Nouveau Front populaire paraît, à ce stade, fort improbable.
« Jamais on ne sera en
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