« Le Vertige MeToo » : Caroline Fourest, l’antiféministe

Ne venez pas parler de continuum sexiste à la journaliste et essayiste, férue de « modération » et de sacro-sainte « nuance » : son dernier essai prouve qu’elle n’y comprend rien.

Arnaud Viviant  • 12 septembre 2024 abonné·es
« Le Vertige MeToo » : Caroline Fourest, l’antiféministe
Caroline Fourest, en 2016.
© JOEL SAGET / AFP

Le propos du nouvel essai de Caroline Fourest (1) est assez simple à lire. Il s’entend dès son introduction où les mots « Terreur » et « guillotine » clignotent comme des feux rouges dans la nuit des longs couteaux castrateurs où s’enfoncerait désormais le féminisme #MeToo. Cela va trop loin, nous dit Fourest, cela tombe maintenant dans le robespierrisme. Honnêtement, c’est une stratégie de défense aussi desséchée que François Furet lui-même, mais passons.

Dans le robespierrisme, autrement dit en parlant le volapuk moderne : à "l’extrême gauche" toujours soupçonnée d’adorer le principal acteur de la première abolition de l’esclavage. Des communistes, dirait-on, si l’on ne craignait de blesser les actuels locataires tellement gentils de la place du Colonel-Fabien ; des révolutionnaires ou presque, même s’il demeure de bon ton d’en rire, de plutôt les traiter de révolutionnaires de salon ou de révolutionnaires en peau de lapin ou en carton. Naturellement, iels sont toujours à deux doigts de verser dans une forme ou une autre de stalinisme. Et là, pas la peine de vous faire un dessin de pingouins sur une banquise.

Caroline Fourest est « féministe, journaliste et réalisatrice » comme d’autres sont écologistes, laveur de carreaux et promeneur de chiens.

Bien sûr, Caroline Fourest est « féministe, journaliste et réalisatrice » comme d’autres sont écologistes, laveur de carreaux et promeneur de chiens. Dans son livre, elle ne manque pas de répéter aussi qu’elle est lesbienne, et même mariée à une femme qui pointe dans son récit comme celle de Columbo dans ses enquêtes. Ce que veut Caroline, c’est de la modération. La Tribune du dimanche ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui a salué en une « une féministe modérée ». On ne doute pas que son concurrent direct lui tressera aussi bientôt d’autres sortes de louanges énamourées, sous la belle plume d’Éric Naulleau, au

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