« La Symphonie atlantique » : l’art, quand il n’y a plus rien à espérer

Hubert Haddad poursuit une œuvre singulière de résistance et d’élégance.

Laura Alcalaï  • 30 octobre 2024 abonné·es
« La Symphonie atlantique » : l’art, quand il n’y a plus rien à espérer
© Ulf Andersen / AFP

On connaît l’œuvre d’Hubert Haddad, qui, depuis ses premiers opus au début des années 1970, mène une puissante réflexion sur la barbarie nazie et ne cesse de s’interroger sur les capacités de résistance de l’art face au néant. On se souvient de son magnifique Palestine (Zulma, 2007). Avec La Symphonie atlantique, on se laisse une fois encore emporter par ses obsessions sublimées par un style magistral. Il nous offre un roman-poème qui nous entraîne sur les traces d’un enfant, musicien hors pair, Clemens, symbole d’une culture allemande ballottée dans les tourments de la guerre.

Haddad nous interpelle : après les autodafés, les arrestations, les déportations, que peut-il rester de la civilisation ? Il suggère une réponse : l’art. L’innocence de l’enfant artiste résiste à la perversion de l’adulte quand celui-ci est pris de haine. « Il y a des enfants à vie qui, même vieillis, garderont sur les choses un regard toujours neuf, la lumière du jour aura pour eux un étrange pouvoir d’éveil, proche d’un autre monde. » La musique, l’écriture et finalement la vie constituent un ultime refuge, intime sinon social.

À l’image des grandes marées de l’Atlantique, la puissance du style nous précipite dans la tempête de la guerre, avant de nous rejeter meurtris sur la grève, ramenés à notre humaine destinée. Le livre d’Haddad est une superbe réflexion sur l’art.

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Littérature
Temps de lecture : 3 minutes