Pour l’équipe de Kamala Harris, la stratégie acharnée du porte-à-porte

Dans la dernière ligne droite, les équipes de campagne se mobilisent pour celle qui n’est encore que vice-présidente des États-Unis. C’est le cas à Philadelphie où nous avons suivi un volontaire de l’équipe de la candidate. Reportage à Philadelphie.

Sébastien Baguerey  • 5 novembre 2024 abonné·es
Pour l’équipe de Kamala Harris, la stratégie acharnée du porte-à-porte
© Colin Lloyd / Unsplash

Ce dimanche matin, le soleil brille haut dans les rues de Philadelphie et les températures clémentes étonnent pour ce début novembre. Avec Denise et Thomas, volontaires de l’équipe Harris, nous rejoignons le quartier général de la candidate dans le sous-sol d’une église méthodiste. À l’entrée, une foule de volontaires donne le sentiment d’une ruche bourdonnante, d’où viennent et sortent militants, sympathisants et curieux.

Certains discutent entre eux ou avec les passants, d’autres font les cent pas, pancartes en mains et saluent les automobilistes qui klaxonnent pour exprimer leur soutien à la candidate démocrate. La mobilisation est un enjeu dans cet État pivot, peut-être plus qu’ailleurs. Et les équipes de campagnes ont pour mot d’ordre de dynamiser les volontaires et de n’oublier aucun électeur potentiel.

“Cette élection se jouera sur chaque voix", confie l'un des volontaires. "En 2016, Trump l’a emporté par quelques milliers de votes dans des États-clés. Cette fois-ci, on ne peut pas se permettre de rater des électeurs. Trump est un lunatic”. “Lunatic” : le mot – qui signifie "fou, dingue" – reviendra plusieurs fois dans la bouche des militants, qui voient dans le candidat républicain un potentiel futur dictateur.

Le quartier général de la candidate démocrate porte ici bien son nom. L’organisation y est méthodique, quasi militaire et bien huilée. Une coordinatrice, micro en main, galvanise les troupes avec des mots-clés de mobilisation. Plus loin, une autre équipe est en charge de distribuer des kits de campagnes, ces fameux Yards Signs - ces pancartes ornant les jardins américains -, mais aussi des affiches de toutes sortes en différentes langues, défendant les intérêts de telles ou telles communautés, de tel ou tel sujet.

800 000 portes par jour

Dans une autre partie de cette forteresse improvisée, un espace de restauration est mis à disposition des militants et des sympathisants pour que

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Publié dans le dossier
Les États désunis d'Amérique
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Au sud du Liban, l’empire des drones israéliens
Reportage 15 mai 2026 abonné·es

Au sud du Liban, l’empire des drones israéliens

Dans la région libanaise de Nabatiyé, l’armée israélienne occupe également le ciel. Son arme : des drones ultraperfectionnés qui ciblent des civils et les secouristes.
Par Zeina Kovacs et Alexandra Henry
Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité
Reportage 13 mai 2026 abonné·es

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité

Au moment de l’invasion russe en Ukraine, nombre de familles ont trouvé accueil et protection chez le voisin polonais. Quatre ans après, la situation a changé. Les aides sociales ont été supprimées, les violences sont en hausse, les discours xénophobes et la haine en ligne progressent.
Par Maël Galisson
À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population
Monde 7 mai 2026 abonné·es

À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population

Dans l’archipel tunisien, les contrôles de la garde nationale pour empêcher l’émigration clandestine se sont intensifiés depuis 2017. Un dispositif sécuritaire qui entrave la liberté de circuler des habitants et complique les conditions de travail des pêcheurs, déjà dégradées par la pêche illégale.
Par Nadia Addezio
« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins