De l’analyse faciale dopée à l’IA dans les bureaux de tabac, « des produits illégaux »
Depuis quelques semaines en France, un dispositif s’installe progressivement chez les buralistes. Le MyCheckr Mini permet, en théorie, d’estimer l’âge des clients pour limiter la vente aux mineurs. La Cnil et la Quadrature du Net s’inquiètent de l’atteinte potentielle aux libertés fondamentales.

Mise à jour, le 16 juillet : Dans un avis publié le vendredi 11 juillet 2025, la CNIL précise sa position concernant les caméras "augmentées" pour estimer l'âge des clients dans les bureaux de tabac. Elle considère que ces dispositifs ne sont pas conformes au RGPD, notamment car ils "présentent par nature des risques pour les droits et libertés fondamentaux des personnes", et que leur usage est "ni nécessaire, ni proportionné
Souriez, vous êtes analysé par une intelligence artificielle ! Que vous fassiez vos courses, que vous marchiez dans la rue ou, dorénavant, que vous achetiez des cigarettes, une caméra vous observe. Intitulé MyCheckr Mini, cet appareil se déploie dans les bureaux de tabac français depuis quelques mois et est testé dans une quinzaine d’entre eux en Île-de-France depuis le jeudi 12 décembre. Le petit boîtier, équipé d’une caméra, utilise l’intelligence artificielle (IA) pour déterminer l’âge des clients lors de la vente. Si la lumière est verte : la personne est majeure, si elle est rouge : elle est potentiellement mineure, et il est recommandé de vérifier ses papiers d’identité.
Le concept du MyCheckr Mini a été imaginé par la start-up savoyarde Bergens. Créée en 2022 par Stephan Rosseneu, elle est spécialisée dans la « gestion des ventes aux mineurs » et assure que la technologie qu’elle propose est « anonyme », « sans enregistrements d’images » et « sans reconnaissance faciale ». Une étiquette jaune contenant ces mentions ainsi qu’un QR code permettant d’accéder à la politique de confidentialité de l’entreprise sont supposés être placés à proximité du dispositif.
Ces dispositifs ne sont pas anodins. Ils peuvent, en effet, comporter des risques pour la vie privée.
CnilPourtant, ce dispositif n’est pas sans poser de questions. Contactée par Politis, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) alerte : « Ces dispositifs ne sont pas anodins. Ils peuvent, en effet, comporter des risques pour la vie privée, et leur déploiement nécessite une vigilance accrue. La Cnil va donc mener des travaux sur les enjeux de ces dispositifs et leur conformité au regard de la réglementation en matière de protection des données personnelles (RGPD, loi « informatique et libertés ») à laquelle ils sont soumis. »
"Analyse faciale"Le gérant de la start-up, lui, se défend de toute non-conformité vis-à-vis du RGPD : « Ce qu’on propose ce n’est pas de la reconnaissance faciale, non conforme au
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