« From Ground Zero », du cinéma dans les décombres
Le film rassemble vingt-deux courts métrages réalisés par des cinéastes palestiniens à Gaza.

© Les alchimistes
Faire du cinéma à Gaza après le 7-Octobre, le pari était fou. C’est pourtant ce qu’ont réussi vingt-deux cinéastes qui ont réalisé autant de courts métrages. Ceux-ci ont été réunis sous le titre From Ground Zero par le réalisateur palestinien en exil Rashid Masharawi, qui, initiateur du projet, y a consacré un fonds de soutien. Devant la difficulté de la tâche – les bombardements, la rareté du matériel, l’approvisionnement aléatoire en électricité… –, ce sont des films de 3 à 4 minutes qui ont été réalisés. Des films au présent, racontant la situation des Gazaouis par les Gazaouis eux-mêmes et par les moyens du cinéma.
On ne peut qu’être étonné par la diversité créatrice. Les vingt-deux courts métrages empruntent à tous les genres : le documentaire, mais aussi la fiction, l’animation ou encore le film de marionnettes. Signe que les cinéastes ne cèdent rien de leur art malgré les conditions. Sauf cas de douleur extrême. Ainsi, la réalisatrice Etimad Whasha apparaît à la fin de son film, Taxi Wanissa, montrant les pérégrinations d’un taxi avec âne et cariole à travers une ville (Gaza City ?), pour dire qu’elle n’a pas eu la force de le terminer, ayant appris entre-temps la mort de son frère et de ses nièces et neveux sous les bombes.
Ne pas abandonner l'espoir et la beautéLe film d’animation, Soft Skin, de Khamis Masharawi, a été réalisé avec des enfants dont les mères ont écrit les noms sur leur bras ou leur jambe pour qu’ils puissent être reconnus au cas où leur corps serait disloqué. Plusieurs films ont pour base le trauma de la disparition ou celui d’une vie dont les structures se sont écroulées, à l’instar des immeubles en ruine
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