La solidarité citoyenne en soutien aux Sahraoui·es
Depuis cinquante ans, diverses associations et des initiatives ont été lancées pour faire connaître une cause sahraouie en permanence menacée d’oubli, et aider les populations à survivre dans les campements.

© Patrick Piro
Un jour de 1976, Régine Villemont débarque à Paris avec sa camionnette remplie de vêtements collectés dans sa Sarthe. C’est pour l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), qui vient d’être créée à la suite de la Marche verte, initiative lancée en novembre 1975 par le roi marocain Hassan II : 350 000 volontaires civils marocains partis occuper le Sahara occidental, alors que l’Espagne vient de renoncer à son protectorat sur le territoire.
Cette solidarité précoce est une spécificité française.
R. Villemont« Vu de France, on a pu croire un temps à une opération de décolonisation », se remémore Régine Villemont. Quand il apparaît que le peuple sahraoui a été spolié, l’AARASD prend de l’importance, et plusieurs comités de soutien voient le jour en France. En mai 1980, en dépit des complications administratives, l’association parvient à faire venir 120 enfants sahraouis en France, répartis dans différentes villes, notamment socialistes et communistes.
Au Mans, sous l’impulsion de Régine Villemont, plusieurs comités d’entreprise appuient l’opération, et la ville sera la première à nouer un jumelage, avec le quartier de Hausa à Smara, le plus important des campements de réfugié·es sahraoui·es installés autour de Tindouf, en Algérie. « Cette solidarité précoce est une spécificité française », souligne la militante et actuelle présidente de l’AARASD. La société espagnole, encore engluée dans le post-franquisme, n’y prendra sa part que plus tard, pour devenir le principal pôle de soutien à la population de son ancienne colonie.
Soutien citoyen, indifférence des élu·esLes jumelages se multiplient. À partir de 1987, les invitations estivales d’enfants sahraouis prennent une importance croissante. La France accueillera
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