Les réfugiés syriens en France, entre soulagement et attente

Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, nombreux sont les citoyens syriens, réfugiés en France, à souhaiter se rendre dans leur pays. Leur statut les en empêche, en principe. Un collectif s’est constitué pour demander une exception et leur permettre de participer à la reconstruction du pays.

Eva Tapiero  • 17 février 2025 abonné·es
Les réfugiés syriens en France, entre soulagement et attente
Un bus transportant des Syriens déplacés qui rentrent chez eux après des années de déplacement, dans la province d'Alep, à l'entrée de la ville de Homs, le 10 février 2025.
© LOUAI BESHARA / AFP

Lorsque Bushra Alzoubi a quitté la Syrie il y a quatorze ans, c'était une adolescente. Originaire de Deraa, berceau de la révolution, la jeune trentenaire aspire aujourd'hui à faire partie des forces qui vont aider à la reconstruction. « Je partirais maintenant, si j'avais la certitude de pouvoir rentrer quand je veux, affirme-t-elle, je n'ai pas revu la Syrie depuis quatorze ans. Je n'ai pas revu ma sœur depuis quatorze ans. »

C’est de ce désir contrarié qu’est né le collectif Liberté d’agir, droit de revenir, que Bushra a cofondé. Avec une dizaine de Syriens et de Syriennes représentant les différentes régions du pays, elle demande aux autorités françaises de les assurer d'une possibilité de retour sur le territoire, s'ils décident de faire ce voyage vers leur pays d'origine.

Une procédure encore floue

Selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), au 31 décembre 2023, un peu plus de 20 000 Syriens et Syriennes avaient le statut de réfugié en France, et sensiblement le même nombre bénéficiait de la protection subsidiaire. Ces statuts étant accordés en raison des dangers encourus dans leur pays d’origine, ils impliquent que les bénéficiaires n’y retournent pas.

Seule exception, un « sauf-conduit » permettant un retour temporaire peut, en principe, être délivré mais uniquement à titre exceptionnel pour des « motifs d’ordre humanitaire », comme le décès d’un proche. Certains ont entamé des démarches en tâtonnant, d’autres n’ont pas encore osé sauter le pas de peur de perdre leur autorisation de résider en France et, avec elle, tout ce qu’ils ont construit dans leur pays d’accueil.

Le cabinet d’avocat Kempf-Ruiz, chargé de représenter le collectif Liberté d’agir, droit de revenir, a rédigé un courrier dès le 25 janvier dernier à l’attention du président de la République, Emmanuel Macron. Il demandait la

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