Une loi pour la sûreté des transports sous le signe du tout-sécuritaire

Vidéosurveillance algorithmique, tasers, élargissement des pouvoirs des agents… Les surenchères de la droite ont aggravé la proposition de loi sur la sûreté dans les transports, adoptée par les députés. Elle poursuit son chemin législatif.

Maxime Sirvins  • 14 février 2025 abonné·es
Une loi pour la sûreté des transports sous le signe du tout-sécuritaire
Agents de sécurité de la RATP dans le métro parisien.
© Thomas Samson / AFP

Mardi 11 février, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi sur la sûreté dans les transports. Entre vidéosurveillance algorithmique, nouveaux délits et tasers, c’est un texte qui se perd dans l’appareil législatif depuis décembre 2023. À l’époque, en vue des Jeux olympiques et paralympiques, Philippe Tabarot, ex-sénateur LR, présenté ce projet dans uncontexte où la sûreté dans les transports « s'est profondément dégradé ». Après avoir traversé le gouvernement Borne, Attal et Barnier, c'est devant celui de Bayrou qu’il sera définitivement voté avec Philippe Tabarot comme ministre des Transports.

Pour son passage devant l’Assemblée, les députés ont dû faire le tri dans les 268 amendements déposés à l’occasion. Dès le début, le ton est donné. L’article L. 2251-1 du Code des transports est le premier à passer dans ce texte de 23 pages. Il permet à la SNCF et à la RATP de disposer d’un service interne de sécurité. Les modifications apportées sont légères, mais lourdes de sens. La notion de mission « de prévention » est supprimée quand « prévenir les atteintes à l’ordre public » est ajouté. « Ils contribuent à la lutte contre le terrorisme », fait aussi son apparition, signe de la policiarisation de ces agents.

Les agents pourraient procéder à des palpations sans avoir besoin de l’autorisation des préfets.

Les agents auront la possibilité d'intervenir sur la voie publique « aux abords immédiats » des gares, alors qu’ils avaient jusqu'ici obligation de rester dans l’enceinte des réseaux de transports. Cela doit permettre entre autres aux agents de lutter notamment contre la vente à la sauvette et de confisquer les marchandises.

« Le wokisme en prend un coup ! »

L’article sur « l’inspection visuelle des

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Quartiers populaires : une culture politique capable de mobiliser
Quartiers populaires 17 juillet 2026 abonné·es

Quartiers populaires : une culture politique capable de mobiliser

À rebours d’une démocratie réduite aux élections, une pratique quotidienne et autonome de l’engagement politique existe dans les quartiers populaires. Entre solidarités et résistances de l’ordinaire, culture de la street et parole critique, une ouverture qui tranche avec un ordre établi.
Par Ulysse Rabaté
Fraternité en résistance
Solidarité 17 juillet 2026 abonné·es

Fraternité en résistance

Dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, des habitants ont choisi d’aider des personnes migrantes traquées par l’État français. La solidarité y est devenue un combat politique. De cette lutte est née Emmaüs Roya, une communauté agricole et sociale que raconte Cédric Herrou.
Par Cédric Herrou
Engagement populaire : la relève est déjà là
Quartiers 17 juillet 2026

Engagement populaire : la relève est déjà là

Sanaa Saitouli (Banlieues Climat) revient sur l’émergence de nouvelles personnalités politiques issues des quartiers populaires, héritières de décennies de luttes souvent ignorées. À l’approche de 2027, ces voix sont indispensables. Elles reflètent celles d’habitants concernés et conscients des enjeux sociaux, écologiques et démocratiques qui traversent aujourd’hui le pays.
Par Sanaa Saitouli
Football : l’homophobie occupe toujours le terrain
Enquête 16 juillet 2026 abonné·es

Football : l’homophobie occupe toujours le terrain

Tandis que la Coupe du monde 2026 s’achève, il demeure difficile pour un joueur de se déclarer gay. En France, si les instances professionnelles proposent aujourd’hui des ateliers de sensibilisation aux discriminations, les pouvoirs publics peinent à prendre les mesures nécessaires.
Par Bérénice Paul