« Lundi, ils nous aimeront » : la liberté avant tout
Dans le roman de Najat El Hachmi écrit sous forme de lettre, une jeune femme retrace son parcours tumultueux d’émancipation familial.
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© Raimond Klavins / Unsplash
C’est une longue lettre. Elle est écrite comme une nécessité, une urgence de se souvenir et de témoigner. De quoi ? De la vie en tant que jeune femme marocaine en banlieue de Barcelone à la fin des années 1990, étouffée sous le poids des étiquettes. Elle s’adresse à qui ? À sa meilleure amie de toujours, jamais expressément nommée. Ensemble, elles ont espéré, se sont souvent trompées et ont été le témoin fidèle de la vie de l’une et de l’autre.
Rédigé à la première personne du singulier, ce roman prend l’allure d’une biographie épistolaire couvrant à la fois la vie de la narratrice et de son amie, à qui elle s’adresse directement tout au long de la lettre. Au cours du récit, la narratrice ne cesse de l’observer et de se comparer à elle. En grandissant, leur amitié mûrit et le texte rend hommage à cette forme d’amour bien plus importante pour la protagoniste que n’importe quelle autre relation, qu’elle soit amoureuse ou même familiale.
Traduit du catalan et récompensé du prix Nadal en 2021, ce récit se distingue aussi bien par l’écriture rythmée et scrupuleuse que par la peinture épique de ces vies pourtant banales. En creux, plusieurs pistes de réflexion apparaissent, qu’il s’agisse de la formation de l’identité, du poids du patriarcat – et de ses multiples formes –, de l’effet souvent insoupçonné de la société sur la
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