Près de Redon, crispations autour de la protection de l’eau potable

Dans les territoires bordant la Vilaine et ses affluents, la révision d’un document devant valider de nouvelles règles de gestion de l’eau concentre les différends et en rabaisse les ambitions.

Mathilde Doiezie  • 6 mars 2025 abonné·es
Près de Redon, crispations autour de la protection de l’eau potable
Laurent David, membre du Collectif sans pesticides de Massérac, devant une aire de captage d'eau potable.
© Mathilde Doiezie

C'est une sorte de GIEC (1) local, se réunissant autour du sujet de la préservation de l'eau. Chaque phrase est passée au peigne fin par les différents acteurs et les réunions s'enchaînent depuis trois ans. Vendredi 28 février, les membres de la commission locale de l'eau étaient réunis à Pipriac (Ille-et-Vilaine), pour prendre de dernières décisions visant à entériner la révision du Sage (schéma d'aménagement et de gestion de l'eau) Vilaine.

La FNSEA freine toute avancée

Ce document fixe les objectifs et les orientations des usages de l’eau sur l'intégralité du bassin versant de la Vilaine et de ses affluents. Et lors de l'état des lieux, tous les acteurs ont reconnu la dégradation de la qualité de l'eau : seules 8 % des masses d’eau sont en bon état, tandis que des pesticides, leurs dérivés ou des polluants éternels sont retrouvés dans la quasi-totalité des prélèvements. La révision de ce texte – le plus grand Sage de France –, pourrait permettre de faire des bonds en avant dans la protection de l'eau potable au niveau local, voire national.

Les chambres d’agriculture locales s’opposent à l'interdiction pure et simple de l'utilisation de pesticides sur les aires de captage d'eau potable.

Enfin, en théorie. Car les chambres d'agriculture locales (des Côtes d'Armor, d'Ille-et-Vilaine, de Loire-Atlantique et du Morbihan) freinent toute avancée. Toutes quatre dirigées par le syndicat agricole majoritaire de la FNSEA, elles s'opposent à la proposition la plus évidente, qui a mis d'accord des habitants de tout horizons réunis lors d'une première étape de concertation citoyenne. À savoir : l'interdiction pure et simple de l'utilisation de pesticides sur les aires de captage d'eau potable.

Début décembre, les représentants locaux de la FNSEA avaient tous appelé à manifester à Redon pour mettre la pression sur la commission locale de l'eau. Les manifestants dénonçaient un acharnement contre leur profession et des « mesures extrêmement contraignantes pour l'agriculture et sa pérennité ». Et depuis lors, de nombreux élus et acteurs rétropédalent sur les ambitions du texte...

À la source du Collectif sans pesticides

Laurent David s'en désole. Son intérêt pour le sujet a commencé

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