Pour les municipales, les Écologistes en mission

Les Verts rêvent de réitérer leur victoire aux scrutins de 2020. Mais dans un contexte de backlash écologique, où les divisions règnent à gauche, le chemin n’est pas sans embûche.

Lucas Sarafian  • 9 avril 2025 abonné·es
Pour les municipales, les Écologistes en mission
De gauche à droite, le maire de Lyon, Grégory Doucet, la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, et le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic.
© JEFF PACHOUD / AFP

Match retour. Après des victoires importantes en 2020, les Écologistes doivent confirmer leur position. Face à eux se dresse une montagne d’interrogations. Arriveront-ils à s’installer durablement à la tête des grandes villes ? Pourront-ils s’appuyer sur leurs bilans ? Sont-ils perçus comme une alternative politique crédible ? Les élections municipales de 2026 ressemblent à une épreuve de vérité.

En 2020, les Verts profitent de la crise au sein du Parti socialiste (PS), surfent sur leur percée électorale aux européennes un an plus tôt (13,47 %) et s’imposent comme le moteur des rassemblements de la gauche. Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Poitiers, Besançon, Annecy… Avec la reconduction du maire de Grenoble, les écolos accèdent au pouvoir dans près d’un cinquième des villes de plus de 80 000 habitants. La vague verte submerge la France.

Des résultats qui nourrissent les ambitions d’aujourd’hui. « Nous devons garder les villes dirigées par les écologistes, nous sommes au pouvoir dans une centaine de communes urbaines mais aussi rurales. Nous devons aller chercher d’autres villes dans les périphéries, les banlieues et le milieu rural », estime Benjamin Badouard, coprésident du groupe écolo de la métropole du Grand Lyon et membre de l’exécutif des Écologistes.

La mission n’est pas aisée, car le parti au tournesol a le vent de face. Le score décevant aux européennes ne l’aide pas. Dans les villes écologistes, la liste conduite par Marie Toussaint a fait de meilleurs résultats qu’au niveau national, mais elle a été systématiquement doublée par la liste d’alliance entre le PS et Place publique, ou la liste insoumise. « Les élections de 2020 se sont jouées sur nos thématiques, il y avait des marches pour le climat… Est-ce qu’en 2026 il y aura des sujets porteurs ? Ce n’est pas sûr », réfléchit Olivier Bertrand, adjoint au maire d’Éric Piolle, à Grenoble, et chargé des élections pour les Écologistes.

Les Français voient qu’on est dans une forme de rupture, de radicalité nécessaire, on ne fait pas du Hollande bis.

M. Tondelier

La secrétaire nationale, Marine Tondelier, semble sûre de son parti, qui peut aujourd’hui faire campagne sur des bilans positifs, loin des polémiques du début des mandats municipaux :« Les Français voient qu’on est dans une forme de rupture, de radicalité nécessaire, on ne fait pas du Hollande bis. On a montré qu’on était capables d’améliorer leur quotidien. Il y a eu des travaux, des tâtonnements, mais ceux qui ont promis l’arrivée des chars russes ont menti ! Nous, nous avons tenu nos promesses. »

Briguer des villes moyennes

En interne, le

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De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
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