Empoisonner les musulmans, tuer des imams… 16 militants du groupe d’extrême droite AFO devant la justice
Mardi 10 juin, 16 membres de l’Action des forces opérationnelles (AFO) seront jugés au tribunal correctionnel de Paris. Parmi leurs projets : tuer 200 imams, attaquer des mosquées, empoisonner de la nourriture halal.

Treize hommes et trois femmes, membres de l’organisation d’extrême droite appelée Action des forces opérationnelles (AFO) seront jugés à partir de ce mardi 10 juin au tribunal correctionnel de Paris. Ils ont aujourd’hui entre 39 et 76 ans. Parmi eux, un ancien chef d’entreprise, un décorateur d’intérieur, un chef cuisinier, une diplômée infirmière proposant ses services de babysitting, un mathématicien, un secrétaire à l’ambassade de France au Salvador, etc. Plusieurs d’entre eux ont « un lien passé ou présent avec l’armée ou les services de sécurité nationale », comme l’indique un PV cité dans l’ordonnance de renvoi que Politis a pu consulter.
Dans une interview « confidences » [sic] au Parisien réalisée en 2018, quelques semaines à peine après les perquisitions, Guy S., le chef de cette organisation, retraité de la police nationale, expliquait : « La plupart d'entre nous sont des retraités de la police, de la gendarmerie ou de l'armée. » Dans cet entretien, il tentait de se dédouaner de tout projet d’action violente : « Vous croyez vraiment qu'à 65 ans, avec mon insuffisance cardiaque et respiratoire, je vais prendre les armes et tuer des gens ? »
Pourtant, à l’issue de ses investigations, le procureur national antiterroriste confirmait « l'existence de projets clandestins ciblant des membres de la communauté musulmane, dans le cadre d'une organisation hiérarchisée et structurée fondée autour d'une même idéologie alimentée par l'assimilation du terrorisme djihadiste à l'islam en général, la crainte du grand remplacement, et une vision décliniste de la société française à laquelle répondait le survivalisme déviant vers l'accélérationnisme ».
À l’issue de la procédure d’instruction, l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel requalifie les faits en délits. « En dépit de la gravité des projets proposés », le Parquet national antiterroriste (Pnat) avait expliqué à l’AFP avoir appliqué sa « politique pénale habituelle (…) lorsque les projets d’action violente ne sont pas pleinement finalisés ». Les 16 personnes seront ainsi jugées pour « l'infraction d'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes ». Six d’entre eux seront également jugés pour la « détention d'armes, munitions, éléments essentiels de catégorie B sans autorisation en réunion et en relation avec une entreprise terroriste ».
Lors des perquisitions effectuées en 2018, de nombreuses armes avaient été retrouvées à leur domicile.
Lors des perquisitions effectuées en 2018, de nombreuses armes avaient été retrouvées à leur domicile. Parmi elles : des armes à feu et des milliers de munitions, dont des éléments servant à la fabrication d'explosifs TATP, explosif artisanal puissant, utilisé dans les attentats ou tentatives d’attentats ces dernières années par l’État islamique.
L’AFO se prépare à l’action notamment via des <
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