En France, la nouvelle vie des enfants de Gaza
Depuis le début de la guerre dans l’enclave palestinienne, les autorités françaises ont accueilli près de cinq cents Gazaouis. Une centaine d’autres ont réussi à obtenir des visas depuis l’Égypte. Parmi ces réfugiés, une majorité d’enfants grandit dans la région d’Angers, loin des bombardements aveugles de l’armée israélienne.
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© Alexandre Rito
Les yeux rivés à son qanoun posé sur ses genoux, Reema semble dans un autre monde. Bien loin de ce concert organisé devant la mairie de Sainte-Gemmes-sur-Loire. L’adolescente de 13 ans pince avec précision les dizaines de cordes de cet instrument en bois, sorte de harpe orientale. « J’ai appris à en jouer à Gaza, j’ai commencé à l’âge de 6 ans. J’aime sa forme et surtout le son qu’il émet, confie la jeune fille en descendant de la scène. Ça m’aide à retrouver la paix. » La guerre qu’elle a vécue, Reema n’aime pas en parler. Juste un mot : « terrible ».
Elle préfère se souvenir de son premier qanoun, avec lequel tout a commencé. Comme sa vie d’adolescente palestinienne, il a été anéanti par une frappe aérienne de l’armée israélienne. Avec sa petite sœur et ses parents, Reema a quitté la bande de Gaza fin avril 2024, quelques jours avant la fermeture définitive du passage de Rafah vers l’Égypte. Après huit mois passés au Caire, son père – musicien réputé de l’enclave palestinienne – est sélectionné par le programme Pause. Ce dispositif parrainé par les autorités françaises vient notamment en aide aux artistes en danger. Toute la famille obtient alors un visa pour la France.
L’éducation comme prioritéAccueillie par l’association franco-palestinienne Al Kamandjati, Reema débarque à Paris le 9 janvier 2025 et s’installe dans une petite ville près d’Angers. Quelques jours plus tard, la Gazaouie entre en classe de 5e au collège, sans parler un mot de français. « Il y a des matières difficiles à comprendre, comme l’histoire, parce que tout est écrit. Mais les mathématiques et l’anglais, c’est plus facile », raconte pudiquement la jeune élève.
J’ai toujours été une bonne élève, aujourd’hui je fais tout pour l’être encore !
ReemaChaque semaine, Reema suit huit heures de cours intensif de français au sein de son établissement scolaire. « J’ai toujours été une bonne élève, aujourd’hui je fais tout pour l’être encore ! » Au total, Al Kamandjati a pris en charge treize enfants gazaouis ces derniers mois. « C’est monumental pour eux comme investissement, reconnaît Chantal Heulin, l’une des bénévoles qui s’est occupée spécifiquement des plus jeunes,
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