« Les Voleurs d’ampoules », une traversée initiatique

Dans ce premier roman, Tomasz Różycki fait voyager le lecteur dans une barre d’immeuble polonaise à la fin de l’ère soviétique, à travers le regard enchanté et malicieux d’un enfant.

Lola Dubois-Carmes  • 1 juillet 2025 abonné·es
« Les Voleurs d’ampoules », une traversée initiatique
L'alternance entre le fantastique enfantin et la brutale réalité confère au récit toute sa profondeur, à la manière d’un conte.
© Fondation Jan Michalski

Sans intrigue ni coup de théâtre, Tomasz Różycki invente une odyssée dans laquelle dieux et héros se partagent la scène. Cette scène, c’est le très long couloir du dixième étage qui sépare l’appartement de Tadeusz, le narrateur, de celui de Stefan, chez qui il doit se rendre pour aller moudre les grains de café péniblement obtenus pour l’anniversaire de son père.

Cette mission simple donne lieu à une traversée initiatique dans un paysage brutaliste, souvent misérable, propice à la description de la Pologne communiste des années 1980. Chaque pas ouvre une digression, allant du portrait d’un voisin à l’évocation d’un souvenir, dessinant page après page une galerie poétique des lieux.

Une prouesse rendue possible par l’esthétisme particulièrement soigné de la langue de Tomasz Różycki, d’ailleurs reconnu pour ses recueils de poèmes avant de signer ce premier roman. Tous les sens sont ainsi sollicités, en particulier l’ouïe. Dans cet immeuble, ça coince, ça tambourine, ça couine. Le langage n’est pas abstrait, mais

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Littérature
Temps de lecture : 3 minutes