À Paris, l’hommage aux républicains espagnols de la « Nueve », premiers libérateurs de la capitale
Comme chaque année depuis 2004, une cérémonie organisée par la Mairie de Paris a célébré les républicains espagnols de la 9e Compagnie de la 2e DB de Leclerc, qui furent les premiers soldats alliés à entrer pour libérer Paris le 24 août 1944.

© Olivier Doubre
Il faut souligner l'engagement d'Anne Hidalgo en faveur de la reconnaissance officielle par la Mairie de Paris du rôle de la « Nueve », la « Neuvième » (en espagnol) compagnie de la 2e division blindée (DB) du général Leclerc, dans la libération de Paris. Commandée par le capitaine Dronne, elle fut la première à entrer au soir du 24 août 1944 dans une ville qui s'est déjà soulevée contre l'occupant nazi, avec la particularité d'être composée de 146 Espagnols sur ses 160 membres.
Des républicains (pour beaucoup anarchistes, mais aussi socialistes ou communistes) réfugiés depuis la fin la Guerre civile espagnole (1936-1939) qui s'étaient engagés dans les troupes de la France libre pour poursuivre, après leur défaite en Espagne, la lutte contre le fascisme. Avec la 2e DB, ceux d'entre eux qui survécurent aux terribles combats pour libérer l'Alsace, entrer dans Strasbourg ou franchir le Rhin, prendront même, victorieux, en avril 1945, le « Nid d'Aigle » d'Hitler à Berchtesgaden, son luxueux chalet des Alpes bavaroises. Mais le 8 mai 1945, moins d'une vingtaine sont encore en état de combattre.
Anne Hidalgo, lors de son allocution. (Photo : Olivier Doubre.)Sur les photos d'archives, on peut voir que les tanks juste derrière le général de Gaulle descendant les Champs-Élysées le 26 août 1944 portent les noms « Ebro », « Guadalajara », « Guernica » ou « Teruel », ceux des grandes batailles contre les franquistes. Autre fait peu connu, avant que le cortège emmené par De Gaulle ne s'élance vers l'Hôtel de Ville, les combattants de la Nueve déploient devant l'Arc de Triomphe un immense drapeau rouge-jaune-violet, les couleurs du drapeau officiel de la République espagnole.
Franco protestera, sans que le Gouvernement provisoire de la République française n'en ait cure. Pourtant, après-guerre, on les oublie, interdits de retour en Espagne jusqu'à la mort de Franco (en 1975), et
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