Espagne : une voie diplomatique à part ?

Si Pedro Sánchez a rompu avec la ligne européenne concernant le génocide de Gaza, il s’est aligné sur ses alliés du Vieux Continent concernant la guerre en Ukraine et l’augmentation des dépenses militaires.

Pablo Castaño  • 19 mars 2025 abonné·es
Espagne : une voie diplomatique à part ?
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'entretient avec le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, au palais de La Moncloa à Madrid, le 27 mai 2024.
© OSCAR DEL POZO / AFP

Le gouvernement espagnol a construit une voix propre en politique internationale, relativement autonome des grandes puissances européennes. Pedro Sánchez évolue avec habileté dans le domaine diplomatique, qu’il utilise pour obtenir des bénéfices sur la scène politique nationale. La montée de l’extrême droite mondiale lui a permis de se revendiquer comme l’un des rares dirigeants progressistes qui résistent à la vague réactionnaire mondiale, une stratégie qui lui a rapporté des bénéfices lors des élections générales de 2023 et qu’il exploite à nouveau depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Sánchez est conscient que ses électeurs n’accepteront aucune réduction des dépenses sociales pour augmenter le budget militaire.

Sánchez – qui est aussi président de l’Internationale socialiste – a rompu avec la ligne européenne concernant le génocide de Gaza, en formulant de vives critiques contre Israël. L’Espagne a été l’un des premiers États occidentaux à reconnaître l’État de Palestine et à suspendre partiellement le commerce des armes avec Israël. Une position qui lui a valu des attaques démesurées de la part de Benyamin Netanyahou, qui est allé jusqu’à accuser Sánchez « d’inciter au génocide juif ». L’attitude du dirigeant espagnol répond en grande

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