« Il règne aux États-Unis un climat de vengeance et de guerre civile »

Spécialiste de l’extrême droite américaine et de la communauté Maga, Maxime Dafaure décrypte le discours de vendetta permis par Donald Trump.

Hugo Boursier  • 15 septembre 2025 abonné·es
« Il règne aux États-Unis un climat de vengeance et de guerre civile »
Un homme brandissant un drapeau américain lève le poing alors qu'un cortège en mémoire de l'activiste de droite réactionnaire Charlie Kirk défile le 13 septembre 2025 à Surprise, en Arizona.
© CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Maxime Dafaure prépare une thèse sur l'alt-right américaine et la manière dont ce mouvement s'inscrit dans un paysage politique extrêmement polarisé. Il travaille notamment sur le discours produit par les différents visages de cette extrême droite incarnée, entre autres, par Donald Trump.

La place de Charlie Kirk dans l'univers Maga était-elle à ce point centrale pour recueillir autant de soutien ou sa mort est-elle utilisée, instrumentalisée pour d'autres fins ?

Maxime Dafaure : Un peu des deux. Charlie Kirk occupait une place centrale dans l’écosystème Maga. Donald Trump lui-même lui a reconnu son influence décisive pour remporter l’État d’Arizona. Eric et Donald Junior ont eux aussi vanté les « capacités organisationnelles » de Charlie Kirk, pour reprendre une expression de J.D. Vance qu’il utilisait pour le complimenter. Oui, c’était un bon soldat du trumpisme.

Sa particularité, c’était d’aller sur le terrain pour conquérir des catégories sociales jeunes et qui ne sont pas toutes proches du trumpisme. C’est ce que soulignait Donald Trump quand il qualifiait sa capacité à « parler à la jeunesse ». Sa mort est instrumentalisée, et on le voit très bien avec l’utilisation du mot « martyr », tout de suite utilisé par le président américain lui-même ou par Steve Bannon. Il y a l’idée de canoniser cet évangéliste de la parole trumpiste.

Beaucoup de commentateurs s’évertuent à vanter le respect qu’éprouvait Charlie Kirk pour la liberté d’expression. En quoi est-ce une analyse erronée ?

Depuis quelques décennies, la liberté d’expression au sein des droits américaines est devenue, plus qu’un refrain, une véritable prise de guerre du débat public. Ceux qui défendent Charlie Kirk comme le héraut de la liberté d’expression ont une conception toute personnelle de ce concept et de la manière dont ce dernier l’appliquait. En effet, le spectacle qui le rendait célèbre, appelé ProveMeWrong, et qu’il organisait

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Publié dans le dossier
Trump : Make America Violent Again
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Le cercle des poètes de Gaza
Reportage 21 juillet 2026 abonné·es

Le cercle des poètes de Gaza

Ils ont entre 18 et 25 ans. À l’appel de l’Institut français de Gaza et de l’ONG Academic Solidarity with Palestine, une soixantaine de jeunes Gazaouis ont envoyé des poèmes et des vidéos en français pour dire la guerre, les absents ou encore l’avenir qu’ils tentent d’imaginer.
Par Alice Froussard
Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »
Reportage 17 juillet 2026 abonné·es

Prisonniers syriens en Israël : « Nous voulons savoir où sont nos enfants »

Quarante-sept Syriens seraient aujourd’hui détenus dans des prisons israéliennes. Dans les villages du sud de la Syrie, les familles tentent de localiser un fils, un mari ou un père dont elles sont sans nouvelles depuis parfois plusieurs mois.
Par Pauline Vacher et Charles Cuau
« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »
Entretien 10 juillet 2026 abonné·es

« Les centres de détention libyens sont, par définition, des camps de concentration »

David Yambio, fondateur de Refugees in Libya se dit « hanté » par le silence des Européens après que les députés européens ont adopté le règlement « Retour ». Il explique qu’en Libye, les politiques de l’Union européenne retiennent des milliers de personnes prisonnières et les condamnent à mort.
Par Pauline Migevant
Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée
Enquête 9 juillet 2026 abonné·es

Guyane : la guerre à l’orpaillage illégal est déclarée

À la frontière avec le Brésil, les habitants de Camopi vivent depuis des décennies sous l’emprise des chercheurs d’or clandestins. Alors que l’État revendique des opérations militaires régulières, les autorités coutumières dénoncent une protection insuffisante.
Par Tristan Dereuddre