À Châteaugiron, « on est fiers d’avoir créé ce village des indignés »
Dans le sillage de la mobilisation du 10 septembre, un « village des indignés » a vu le jour en Ille-et-Vilaine. L’initiative a pour but de pouvoir pratiquer l’exercice démocratique du débat et de porter la voix de la ruralité.

© Marie Roy
Pour arriver au village des indignés, il faut emprunter la D92, longer Châteaugiron, une commune située à une trentaine de kilomètres au sud de Rennes, et laisser derrière soi le centre commercial Univer. En voiture, le village accroche directement l’œil avec ses barnums et ses banderoles, dont l’une exhorte les conducteurs à klaxonner s’ils soutiennent l’initiative. Ce que les automobilistes ne manquent d’ailleurs pas de faire régulièrement.
Ce dimanche 21 septembre, le village est en pleine effervescence : on y prépare le grand banquet des indignés. La date n’a pas été choisie au hasard puisqu’il s’agit de l’anniversaire de l’abolition de la monarchie. Un prétexte tout trouvé pour se rassembler, une soixantaine de citoyens ont répondu présents.
"On sent la montée du fascisme et ça me glace"Avant le repas, des personnes prennent le micro. Certaines font part de leur inquiétude : « On sent la montée du fascisme et ça me glace. » D’autres expriment leur fierté d’avoir réussi à monter et faire fonctionner ce village des indignés. Car cela fait maintenant treize jours qu’il se tient sur le bord de la départementale.
« Tout découle du mouvement “Indignons-nous” du 10 septembre », expliquent Guillaume et Julien, deux quadragénaires membres de la commission communication du village des indignés. « Avant cette date, il y a eu beaucoup d’échanges, notamment avec les collectifs citoyens de Châteaugiron et de La Roche-aux-Fées, pour savoir ce qu’on allait faire. On a finalement décidé d’organiser un barrage filtrant, juste là », indique Julien en montrant du doigt le rond-point du centre commercial Univer.
Mais le 10 septembre, tout ne se passe pas comme prévu : les forces de l’ordre sont présentes et empêchent le barrage filtrant. Quelques heures plus tard, une manifestation se déroule dans Châteaugiron, mais encore une fois les policiers sont là. « Ils ont bouclé la commune, personne ne pouvait entrer. Il y a donc bien eu une manifestation mais personne ne l’a vue : on a été invisibilisés », s’offusque
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