Soutien, accompagnement, hésitation… La gauche et les syndicats face au 10 septembre

Des partis de gauche et plusieurs syndicats soutiennent le mouvement du 10 septembre qui appelle à « tout bloquer ». Un moment politique à saisir autant qu’un pari à prendre sur une mobilisation aux contours non définis.

Lucas Sarafian  et  Pierre Jequier-Zalc  • 3 septembre 2025 abonné·es
Soutien, accompagnement, hésitation… La gauche et les syndicats face au 10 septembre
Des mobilisations se préparent partout en France le 10 septembre.
© DR

La période estivale est souvent un retour aux sources et au calme après les tumultes de l’année. Pas forcément de questionnement existentiel. Pourtant, les organisations de gauche et syndicales ont bien été obligées de passer par là durant la canicule éternelle du mois d’août. Que faire d’un mouvement, « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux et dans les canaux Telegram proches de mouvements souverainistes, d’extrême droite, mais qui, vite, est devenu le catalyseur d’une colère qu’elles sont censées incarner et défendre ?

Il y a sept ans, la gauche et les organisations du mouvement social se posaient à peu près la même question. Les gilets jaunes étaient alors soutenus par Marine Le Pen. La gauche, y compris radicale, était restée prudente vis-à-vis de cette mobilisation.

Cette fois, le triple candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon clôt le débat. « Si vous attendez que les masques soient purs et sur un régime et sur un programme révolutionnaire, vous risquez d’attendre fort longtemps et en vain, explique le fondateur de La France insoumise (LFI), en paraphrasant Lénine, à la tribune lors des universités de son mouvement le 22 août. Le peuple est le peuple, il ne se met pas en mouvement pour une doctrine, il ne se met pas en mouvement pour un dogme, il se met en mouvement avec des objectifs précis et ce sont donc les objectifs précis qu’il faut examiner. »

Un « cadeau » pour la gauche

Pour les mélenchonistes, la conscientisation politique permise par l’ampleur de ce mouvement permettra même d’évacuer les revendications assimilables à l’extrême droite. « L’intensification de cette mobilisation, la conscientisation qui se créera, produira des mots d’ordre politiques qui sont à l’opposé de ce que l’extrême droite défend. C’est pour ça que le Rassemblement national a peur et qu’il ne soutient pas cette mobilisation. Il n’a pas intérêt à ce qu’il y ait un mouvement de masse, parce qu’il pourrait aussi se retourner politiquement contre lui », prédit le député Hadrien Clouet, qui, comme de nombreux autres députés insoumis, a intégré une boucle Telegram locale.

Les insoumis voient dans le 10 septembre une forme de « censure

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