10 septembre : Solidaires réaffirme son soutien sans faille à « Bloquons tout »

L’union syndicale tenait une conférence de presse ce jeudi 4 septembre. L’occasion d’affirmer l’importance qu’elle place dans le mouvement du 10 septembre. Et de prendre ses distances avec l’intersyndicale.

Pierre Jequier-Zalc  • 4 septembre 2025 abonné·es
10 septembre : Solidaires réaffirme son soutien sans faille à « Bloquons tout »
Un cortège parisien contre les retraites, place de la Bastille à Paris le 16 février 2023.
© Michel Soudais

Elle était la première à avoir dégainé au niveau national. Le 27 août, l’union syndicale Solidaires publie un communiqué de presse sans ambiguïté. Elle « appelle à se mettre en grève et à soutenir le mouvement 'Bloquons tout' ». Une semaine plus tard, lors d’une conférence de presse de rentrée, Murielle Guilbert, la codéléguée générale de Solidaires enfonce le clou : « L’unanimité des syndicats qui composent Solidaires ont appelé à la grève le 10 septembre. C’est très important pour nous d’appuyer ce mouvement. »

Un préambule qui donne le ton d’une conférence de presse essentiellement tournée vers cet appel à « tout bloquer » le 10 septembre, né sur les réseaux sociaux et en dehors des organisations syndicales. « Solidaires a été créé pour être un outil au service de la population, des travailleurs et travailleuses, pour organiser des rapports de force et obtenir nos revendications sociales. Nous faisons le constat que la réussite de la journée du 10 est primordiale pour engager ce rapport de force », poursuit Murielle Guilbert.

Un discours qui dénote avec le reste des organisations syndicales dont la communication est très tournée vers le 18 septembre, date à laquelle l’ensemble de l’intersyndicale – Solidaires y compris – appelle à une journée de mobilisation et de grèves interprofessionnelles. Même la CGT et la FSU, les deux syndicats les plus proches de Solidaires, se distinguent à ce propos. Si les deux appellent à soutenir le mouvement du 10 septembre, ils ne le décrivent que comme une « première étape » en vue du 18.

"Pas une posture"

Une manière, à demi-mot, d’enjamber une mobilisation dont les contours et l’étendue réels restent, à ce stade, très flous. « Je ne commente pas les prises de décisions de chaque organisation. Nous, à Solidaires, nous sommes constants dans l’écoute qu’on porte à la colère sociale. Appeler au 10 n’est pas une posture. Cela nous semble incontournable au vu des annonces budgétaires de François Bayrou de mettre toutes nos forces dans ce mouvement », assure la codéléguée générale de l’union syndicale.

Le but n’est absolument pas de préempter ce mouvement, mais d’être à l’écoute de ce qui émerge.

M. Guilbert

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Municipales : ces villes qui précarisent les mères isolées
Décryptage 9 février 2026 abonné·es

Municipales : ces villes qui précarisent les mères isolées

À l’approche des élections municipales, le collectif des Mères Déters a soumis aux candidats un pacte visant l’amélioration du quotidien des familles monoparentales. S’appuyant sur leur étude parue en 2025, les militantes dénoncent un impensé des politiques municipales et des situations hétérogènes selon les communes.
Par Alix Garcia
À Brest, les pêcheurs artisans dans le même bateau
Reportage 9 février 2026 abonné·es

À Brest, les pêcheurs artisans dans le même bateau

Le 6 février s’est déroulé dans la pointe du Finistère le premier Festival de la pêche artisanale, organisé par l’association Pleine Mer. L’occasion pour des travailleurs de la mer venus de toute la France de se réunir et de discuter de leurs problématiques, à l’heure où la pêche industrielle règne sur les étals de supermarchés.
Par Guy Pichard
La pollution, un impensé colonialiste
Analyse 6 février 2026 abonné·es

La pollution, un impensé colonialiste

Chlordécone aux Antilles, pénuries d’eau à Mayotte, aires d’accueil de gens du voyage contaminées, quartiers populaires asphyxiés… Les populations racisées paient le prix fort d’un racisme environnemental que l’écologie dominante peine encore à nommer.
Par Thomas Lefèvre
À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »
Reportage 6 février 2026 abonné·es

À Hellemmes-Ronchin, « on paye pour notre mort »

Depuis plus d’une décennie, l’association Da So Vas dénonce des conditions de vie alarmantes sur l’aire d’accueil en bordure de Lille et demande des solutions de relogement. Ce lieu est devenu un symbole du racisme environnemental subi par les gens du voyage.
Par Thomas Lefèvre