À Paris, la Confédération paysanne en première ligne contre le Mercosur

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 14 octobre contre le traité de libre-échange UE-Mercosur, à Paris, à l’appel du syndicat. Un texte qui exercerait une concurrence déloyale pour les agriculteurs français et menacerait la santé et le climat.

Vanina Delmas  • 15 octobre 2025 abonné·es
À Paris, la Confédération paysanne en première ligne contre le Mercosur
© Vanina Delmas

« Solidarité, avec les paysannes du monde entier ! », « Mercosur, mort à coup sûr ! », « Des prix justes, pas des traités injustes ! », « UE-Mercosur, c’est pas du fumier, mais ça pue pareil et ça fait rien pousser ». Les slogans résonnent dans les rues entre les Invalides et la Tour Eiffel, ce 14 octobre, portés par le collectif Planète Boum Boum, et surtout par les centaines de personnes venues manifester à l'appel de la Confédération paysanne contre le traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le marché commun du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Bolivie).

178 substances actives des pesticides sont acceptées dans le Mercosur, dont 138 sont interdites en France !

T. Gibert

Cet accord permettrait d'importer en Europe des produits agricoles notamment issus de l'élevage (bœuf, volailles, miel…) sans frais de douanes, tandis que l'UE exporterait davantage de produits tels que des voitures, des vins spiritueux ou des machines. « Les paysans vont se retrouver avec des produits à des prix extrêmement bas, car ces pays ont un coût du travail plus bas que le nôtre, et pas les mêmes normes environnementales : 178 substances actives des pesticides sont acceptées dans le Mercosur, dont 138 sont interdites en France ! », s'exclame Thomas Gibert, co-porte-parole de la Confédération paysanne.

« Combien de fermes devront encore mettre la clé sous la porte pour qu’ils comprennent que ces politiques libérales détruisent notre agriculture ? Moins on est de paysans, plus on va chercher notre alimentation loin, plus il y aura d'industrialisation de l’agriculture, et de conséquences sur l’environnement et la santé », poursuit le maraîcher de Haute-Vienne.

Des tracteurs dans les beaux quartiers parisiens, il y a de quoi attirer les regards des touristes et des costards cravates, qui sortent une minute de leurs bureaux pour dégainer leurs téléphones portables. L’économiste Maxime Combes, explique les conséquences sur la réalité des activités économiques en Europe, mais aussi hors de l'UE.

(Toutes photos : Vanina Delmas.)

« Les politiques de libre-échange, ne sont pas simplement l’importation de produits qui vont concurrencer les productions territoriales mais aussi l'exportation de produits européens, comme le lait, qui vont déstructurer des filières agricoles vivrières. Nous voulons une relocalisation écologique et solidaire. Ce n'est pas une bataille vaine, nous pouvons gagner et réouvrir le champ des possibles ! », promet-il, en tant que spécialiste du sujet pour le collectif Stop Ceta-Mercosur.

Dernière ligne droite

En discussion depuis plus de vingt-cinq ans, ce texte entre désormais dans sa dernière ligne droite. Le 3 septembre dernier, la Commission européenne a adopté le texte de l'accord de libre-échange UE-Mercosur, et l'a transmis au Conseil européen pour adoption et ratification d’ici « à la fin de

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