En commission, le RN et la Macronie s’allient pour défendre un budget d’ultra-riches
Les débats sur le volet recettes du projet de loi de finance pour 2026 ont débuté ce lundi en commission des finances, donnant à voir une alliance tacite entre le bloc central et le RN pour protéger les privilèges des plus aisés et des grandes entreprises.

On les annonçait tendus, âpres. Le tour de chauffe a confirmé les pronostics. Depuis lundi matin, les débats sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 ont débuté en commission des finances. Et on est bien loin de l’épisode de l’an passé, où la gauche passait ses amendements comme une lettre à la poste alors que les députés du bloc central avaient déserté les débats. Pour cause, ils savaient pertinemment que le premier ministre allait invoquer l’article 49.3, balayant donc la copie « NFP-compatible ».
Cette année, la musique a changé. En annonçant qu’il n’aurait pas recours au 49.3, Sébastien Lecornu a donné beaucoup plus de poids aux débats parlementaires. Pas étonnant, donc, que la commission des finances soit pleine à craquer depuis lundi matin. Chaque amendement, chaque vote, chaque article compte. Et donne lieu à d’intenses discussions. Si celles-ci ne déterminent pas la copie finale – qui sera votée en séance –, elles indiquent bien l’état des rapports de force à l’aube de semaines budgétaires acharnées.
Le premier bilan n’est guère positif pour la gauche. Les amendements socialistes, écologistes, insoumis et communistes ont presque tous été rejetés. Les députés du bloc central et ceux du Rassemblement national (RN) ont fait vote commun pour refuser tout changement de politique économique. Les exemples sont nombreux et démontrent à quel point la copie finale du budget risque de s’inscrire dans la continuité du macronisme.
Niche fiscale pour les plus richesLe premier est sans doute celui sur le Cisap, acronyme barbare du crédit d’impôt services à la personne. Celui-ci permet de bénéficier d’un important crédit d’impôt lorsque vous engagez un salarié à domicile. Aujourd’hui, le dispositif coûte 6,8 milliards d’euros par an à l’État. Une niche fiscale d’ampleur qui bénéficie largement aux plus riches : en 2024, plus de 50 % du dispositif a été reversé aux 20 % les plus aisés du pays qui emploient femme de ménage, jardinier, cuisinier personnel, ou coach sportif.
Notre rôle n’est pas de subventionner les plus riches pour qu’ils respectent la loi mais de mieux les contrôler.
A. Le CoqPendant plusieurs dizaines de minutes, la gauche a essayé de s’y attaquer. En réduisant son périmètre pour y exclure « les loisirs des riches », ou en baissant son plafond. Même Daniel Labaronne, député macroniste, avait déposé un amendement, seul, pour réduire légèrement le plafond du Cisap. En vain. Méthodiquement, l’intégralité de ces amendements a été rejetée du fait d’une alliance entre le socle commun et le RN.
Et le principal argument du rapporteur général du budget, le député de droite Philippe Juvin, est pour le moins étonnant : s’attaquer à ce dispositif « augmentera, mécaniquement, le travail dissimulé ». Une rhétorique partagée par le RN qui indigne sur les bancs de gauche. « Notre rôle
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