Budget 2025 : quand la gauche rafle la mise… en vain ?

Depuis trois semaines, le Nouveau Front populaire enchaîne les victoires sociales et écologiques dans un hémicycle clairsemé. Au point que la copie actuelle du budget serait, selon Éric Coquerel, « NFP-compatible ». Jusqu’au 49.3 ?

Lucas Sarafian  et  Pierre Jequier-Zalc  • 4 novembre 2024 abonné·es
Budget 2025 : quand la gauche rafle la mise… en vain ?
© Lily Chavance

« Ce n’est pas un échec. Je dirai plutôt que ça n’a pas marché. » Il faut, parfois, reconnaître à notre chef de l’État, le sens de la formule. Et celle-ci, tout en litote, ne saurait mieux résumer l’état de la coalition gouvernementale après plus de trois semaines de débats sur le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). En commission, en séance dans l’hémicycle, article par article, amendement par amendement, les soutiens du gouvernement de Michel Barnier se font balayer. Ridiculiser.

Ils comptent sur le Rassemblement national pour les sauver.

G. Cathala

Ces derniers jours tournent même à la débandade. Face à leur mise en minorité, les macronistes et les députés de la Droite Républicaine (DR), mauvais perdants, ont tout simplement abandonné les bancs du Palais Bourbon. Ainsi, durant les débats sur le budget, nos confrères de Politico ont relevé que le taux de présence n’était que 22 % chez Ensemble pour la République (EPR), 15 % à Horizons et 16 % du côté de la Droite Républicaine. Contre plus de 50 % chez les insoumis.

« Les macronistes ne sont pas là, à part peut-être Gabriel Attal, Prisca Thévenot et Stéphanie Rist. Ils comptent sur le Rassemblement national pour les sauver, le vote sur la taxe sur les hautes fortunes en est le parfait exemple », observe la députée insoumise du Val-d’Oise et membre de la commission des Finances, Gabrielle Cathala. Une analyse confirmée par les chiffres. En effet, les élus du RN ont voté, lors des scrutins publics, à 60 % comme les députés du socle gouvernemental. Et seulement à 15 % avec le Nouveau Front Populaire (NFP). Une attitude qui ne laisse plus de doute - s’il en restait - sur l’imposture sociale de l’extrême droite.

"On sait faire bloc"

De l’autre côté, le NFP sort de la séquence plus renforcé que jamais. « Face au dogme du libéralisme, on sait faire bloc. C’est comme cela que nous avons pu contrer le “socle commun” mais aussi le Rassemblement national qui prétendent défendre une majorité de Français, estime la députée socialiste du Finistère et membre de la commission des affaires économiques, Mélanie Thomin. C’est une guerre difficile, mais on a obtenu des victoires, notamment sur les recettes. »

Le RN doit composer

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

À gauche, le casse-tête de la candidature
Gauche 13 mai 2026

À gauche, le casse-tête de la candidature

À gauche, la désignation présidentielle est devenue un piège autant qu’une nécessité. Derrière les appels à l’union persistent des fractures stratégiques et idéologiques. Tour d’horizon des options.
Par Pierre Jacquemain
Gauche : le piège du RN
Analyse 13 mai 2026 abonné·es

Gauche : le piège du RN

La possibilité d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir ne relève plus de la fiction politique. Face à une société fracturée, la gauche peine à retrouver un récit commun et une stratégie de conquête capables d’incarner une alternative majoritaire.
Par Pierre Jacquemain
2027 : la gauche et les écologistes en ordre dispersé
Analyse 13 mai 2026 abonné·es

2027 : la gauche et les écologistes en ordre dispersé

Fragmentée par ses contradictions sur l’immigration, les questions identitaires, l’écologie et l’international, la gauche française apparaît prisonnière d’un désordre qui dépasse largement ses querelles d’appareil. Elle peine à reconstruire un récit commun capable de répondre à la peur du déclassement comme aux défis démocratiques et climatiques.
Par Denis Sieffert
Bally Bagayoko : « La campagne présidentielle doit partir de Saint-Denis : c’est une évidence »
Entretien 13 mai 2026 abonné·es

Bally Bagayoko : « La campagne présidentielle doit partir de Saint-Denis : c’est une évidence »

Le maire de Saint-Denis, élu au premier tour des dernières municipales, figure montante de La France insoumise, revient sur les orientations qu’il souhaite donner à son mandat : répondre aux urgences quotidiennes et donner la priorité à la jeunesse. L’édile dyonisien place la mobilisation des quartiers populaires au cœur de la stratégie insoumise. 
Par Kamélia Ouaïssa et Alix Garcia