À l’Assemblée, les macronistes préfèrent cohabiter avec l’extrême droite

Pour l’élection du bureau de la Chambre basse, le bloc central a préféré dealer avec le Rassemblement national et lui offrir deux vice-présidences de l’Assemblée. Un accord qui pourrait placer encore une fois le premier ministre sous la surveillance de l’extrême droite.

Lucas Sarafian  • 1 octobre 2025 abonné·es
À l’Assemblée, les macronistes préfèrent cohabiter avec l’extrême droite
Hélène Laporte et Sébastien Chenu, à l'Assemblée nationale ce 1er octobre. Les deux députés RN ont été élus vice-président et vice-présidente de l'Assemblée nationale.
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les digues sautent les unes après les autres. Depuis juin, Yaël Braun-Pivet, la présidente macroniste de l’Assemblée nationale, pousse, au nom d’une plus grande représentativité, pour que l'extrême droite accède à la plus haute autorité collégiale de l’Hémicycle : le bureau de la Chambre basse. Le Rassemblement national (RN) y est absent depuis 2024.

Une « anomalie démocratique », selon les mots sur RMC, de celle qui siège au Perchoir depuis 2022. Une « anomalie démocratique » qu’il convient donc, selon elle, de réparer ce 1er octobre, jour de scrutin pour décider des six vice-présidents et de la questure de l’Assemblée. L’élection des 12 secrétaires aura lieu demain, le 2 octobre.

Pour rappel, la gauche occupait 13 sièges parmi les 22 membres de l’instance. Le « socle commun » était représenté par sept députés. Le RN, le parti d’Éric Ciotti, l’Union des droites pour la République (UDR) et le Modem n'étaient pas représentés. Pour respecter le front républicain des législatives de 2024, l’Assemblée avait fait bloc pour que les troupes marinistes n’entrent pas au bureau.

« La présidente entend briser le barrage républicain, dénonçait hier Benjamin Lucas, porte-parole du groupe écolo. En 2024, les Français ont répondu à cette question : “Voulons-nous donner plus de pouvoir à l’extrême droite ?” Ils ont dit non. Aujourd’hui, les macronistes et les Républicains veulent déchirer ce serment. »

Elle s’est fait élire en 2022 à la tête de l’Assemblée avec le Rassemblement national. Maintenant, elle passe à la caisse.

En Macronie, le front républicain est désormais mort et enterré. Ce jour, le bulletin du bloc central comportait six noms : Clémence Guetté et Nadège Abomangoli pour La France insoumise (LFI), Christophe Blanchet pour le Modem et Marie-Agnès Poussier-Winsback pour Horizons, ainsi qu’Hélène Laporte et Sébastien Chenu pour le RN. Les vice-présidents sortants Naïma Moutchou (Horizons), Roland Lescure (Ensemble pour la République, ex-Renaissance) et Xavier Breton (Droite républicaine) ont renoncé à se présenter.

Renversement politique

Dans son plan, Yaël Braun-Pivet souhaitait offrir deux postes de vice-présidents pour chaque bloc politique. Arithmétiquement, la Macronie et la droite ont donc préféré sacrifier un poste qui leur était acquis ainsi qu’un siège détenu par la gauche pour faire entrer deux représentants marinistes. « Elle s’est fait élire en 2022 à la tête de l’Assemblée avec le Rassemblement national. Maintenant, elle passe à la caisse », glisse-t-on dans l’entourage de Charles de Courson, député

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