À Toulouse, pour François Piquemal, « la victoire passe par l’union »
Candidat à Toulouse pour les prochaines municipales, le député insoumis de Haute-Garonne promet de faire des quartiers populaires une priorité de campagne. Et appelle à l’union de la gauche derrière lui.
dans l’hebdo N° 1891 Acheter ce numéro

Militant de longue date au sein des quartiers populaires, François Piquemal revendique la légitimité des insoumis à conduire une liste aux municipales. Dans ses projets pour Toulouse : davantage de logements, plus accessibles et salubres, et une sécurité améliorée par le déploiement d’une police de proximité au lieu de l’actuelle vidéosurveillance, dispendieuse et inefficace.
Pour ces municipales, les insoumis portent le concept de communalisme. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?
Nous voulons faire de la commune l’un des échelons de décision et d’autonomie politique dans le pays. L’État ne peut pas décider de tout, et les Toulousains ne peuvent rien attendre de ce gouvernement macroniste. Il faut donner davantage de pouvoir aux habitants au sein de leur ville. À Toulouse, nous avons vu l’émergence de listes municipalistes, comme celle des « Motivés » en 2001, qui avait recueilli plus de 12 % alors que la plupart des observateurs ne se préoccupaient que du duel entre le Parti socialiste (PS) et le Rassemblement pour la République (RPR, ex-Les Républicains).
Toulouse est l’une des rares grandes villes à ne pas avoir candidaté à l’encadrement des loyers alors qu’ils y augmentent très fortement.
Cette liste a inspiré d’autres initiatives, notamment issues des quartiers populaires comme aujourd’hui l’Assemblée des quartiers. Dans notre ville, il existe donc un espace pour ces mouvements. Je me réclame de ce communalisme et de ce municipalisme.
Vous êtes un ancien militant du Droit au logement (DAL). Que comptez-vous faire en ce qui concerne le logement à Toulouse ?
Toulouse est l’une des rares grandes villes à ne pas avoir candidaté à l’encadrement des loyers alors qu’ils y augmentent très fortement, comme partout. Nous le ferons. Sous Jean-Luc Moudenc, nous sommes passés de 4 000 à 8 000 logements indignes. Ce maire a livré la ville aux promoteurs. Nous devons également lancer les chantiers de rénovation thermique des logements parce que nous sommes face à des passoires thermiques. Dans plusieurs quartiers, des immeubles menacent de s’effondrer. Les propriétaires doivent être contrôlés.
L’effondrement de ces immeubles est aussi causé par le dérèglement climatique. Enfin, nous voulons relancer la construction de logements publics adaptés aux ressources des demandeurs et des familles. 2 300 familles quittent Toulouse car elles ne trouvent pas un logement accessible. C’est anormal. Mais la ville ne peut pas tout faire toute seule. Il faut que les institutions, et notamment l’État, nous accompagnent. Et nous espérons qu’un gouvernement de planification écologique soit élu d’ici là.
Vous engagez-vous à réquisitionner les logements vacants ?
Il y a 24 000 logements vacants à Toulouse. C’est un levier que nous souhaitons actionner. Nous pouvons accompagner les petits propriétaires en difficulté pour rénover ces logements. Et pour ceux qui sont, de manière anormale, vacants depuis plus de deux ans, nous gardons la possibilité de les réquisitionner ou de les préempter. Ce sera un combat à mener face au gouvernement, nous y sommes prêts.
"Il faut que tous les habitants de Toulouse, quel que soit leur quartier, soient représentés, et en position éligible." (Photo : Maxime Sirvins.)Si vous êtes élu, vous souhaitez faire de l’école l’une des grandes causes de votre mandat. Mais que peut faire un maire sur ce sujet ?
Il ne se passe pas une semaine à Toulouse sans qu’il y ait une mobilisation des parents d’élèves ou du personnel éducatif. L’école manque de moyens. Oui, je sais que les enseignants comme les AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap,
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