« Grand Ciel », béton armé

Le réalisateur japonais Akihiro Hata installé à Paris met en scène des ouvriers devenant la proie de leur travail.

Christophe Kantcheff  • 20 janvier 2026 abonné·es
« Grand Ciel », béton armé
© Ufo distribution

Une ville socialement sinistrée (Thionville), un quartier futuriste en construction, des quantités d’ouvriers embauchés en tant qu’intérimaires, dont des sans-papiers. Voilà le cadre dans lequel se déroule Grand Ciel, premier long métrage d’Akihiro Hata, qui a pour première singularité de placer le travail au centre de son intrigue.

Les deux personnages principaux sont ouvriers : Vincent (Damien Bonnard) cherche à stabiliser sa situation professionnelle et celle de son couple en travaillant quoi qu’il en coûte. Saïd (Samir Guesmi), qui a de l’ascendant sur les membres de son équipe – dont Vincent fait partie –, refuse toute forme de maltraitance venant de la direction.

Une des très bonnes idées de mise en scène fait le lien entre le présent et le passé de cette région anciennement minière. En raison de fissures apparues dans le béton tout juste coulé, l’équipe doit se rendre aux étages inférieurs en utilisant un ascenseur de fortune, une sorte de cage, la même que celle qu’utilisaient les mineurs. Dont on sait qu’ils ne remontaient pas toujours.

C’était un pari du cinéaste d’avoir un protagoniste qui n’éveille pas la sympathie.

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Cinéma
Temps de lecture : 2 minutes