« La sécurité n’est pas un gros mot » : à Échirolles, Amandine Demore, maire courage face au narcotrafic
Dans cette ville de près de 40 000 habitants, en banlieue sud de Grenoble, la maire tente de lutter contre un fléau qui dépasse largement ses pouvoirs. En première ligne, l’édile communiste considère que la gauche a encore « des choses à dire » sur la sécurité.

© Maxime GRUSS / AFP
Rome sans les couronnes de lauriers. En se promenant dans le marché de sa ville, proche de la place des Cinq-Fontaines, Amandine Demore est portée en triomphe ce 13 février. La maire se fait souvent arrêter dans les allées. L’édile, très gênée devant les compliments, semble adulée. Échirolles ne ressemble néanmoins pas à la capitale antique.
La ville, encerclée par le massif de la Chartreuse, du Vercors et la chaîne de Belledonne, est un mélange de blocs d’immeubles et de quartiers pavillonnaires. Dans ce petit empire communiste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en banlieue sud de Grenoble, une grande usine Caterpillar, un centre Atos et, surtout, un fléau. Le narcotrafic. Amandine Demore en a fait son combat.
Soudain, une dame l’interpelle : « Je vous ai vue à la télé, vous êtes un bonhomme. » Ces mots, un brin sexistes, disent beaucoup de ce que représente la maire. Régulièrement invitée par les médias nationaux, Amandine Demore n’hésite pas à porter la voix de cette lutte contre le trafic de drogue.
« Je ne lâche rien. Les habitants veulent que je continue mon combat, ils sont fiers que je le mène », assume-t-elle. En quittant le marché, un militant Lutte ouvrière (LO), le journal de sa formation trotskiste à la main, lui envoie : « Il faut arrêter avec le commissariat de plein exercice. » Ce commissariat, la maire le demande depuis de longs mois. Et ce point figure en gras dans le document de campagne que distribue la petite poignée de militants réunis ce matin-là à l’entrée du marché.
« Ils ont la tête dure. Moi aussi »Calmement, Amandine Demore répond au militant révolutionnaire. Puis la maire, cheveux courts, grosses lunettes, continue son chemin. Elle sait qu’elle ne réussira pas à le convaincre. Après tout, les trotskistes défendront leur propre candidature pour ces municipales. C’est la militante locale Chantal Gomez qui s’y colle une nouvelle fois. Depuis presque vingt ans, elle se frotte à toutes les élections. « Ils ont la tête dure. Moi aussi », assure Amandine Demore.
La maire, qui a pris les rênes de la ville à la fin de l’année 2023 après le règne de 24 ans de Renzo Sulli (1), veut prouver sa ténacité. Elle est pourtant admise par tous. Place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français (PCF), on vante son courage. « Elle prend beaucoup de risques, admire le sénateur Ian Brossat. Elle ne baisse pas la tête face aux narcotrafiquants. » « Elle s’est investie totalement avec un discours qui pointe l’échec de l’État et l’exigence de moyens. Elle a choisi d’être la porte-voix de ces élus locaux qui expriment leur désespoir devant la situation », loue le maire écolo de Grenoble Éric Piolle.
Selon l’intéressée, même Bruno Retailleau aurait reconnu son opiniâtreté. Quand il régentait la place Beauvau, elle n’a cessé de l’alerter. Ses demandes : un retour de la police de proximité, plus d’effectifs et ce fameux commissariat de plein exercice dans sa ville. Celui qui n’était pas encore candidat à la présidentielle n’a rien fait. Leur dernier rendez-vous remonte au 2 juillet dernier. Mais la maire n’est pas du genre à abandonner. Et en Macronie, les gouvernements se succèdent.
Amandine Demore revient à la charge. Elle contacte Laurent Nuñez dès sa nomination. Le 22 janvier, le ministre lui répond. Dans une missive
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