À gauche, des accords pour décrocher la victoire

Après l’éternel refrain des « gauches irréconciliables », les bons résultats, notamment de La France insoumise, au premier tour des municipales, ont forgé de nouvelles unions dans le pays. Seuls quelques socialistes continuent d’entériner le divorce avec les insoumis. Une stratégie risquée.

Lucas Sarafian  et  Pierre Jequier-Zalc  • 17 mars 2026 abonné·es
À gauche, des accords pour décrocher la victoire
À Toulouse, le socialiste François Briançon et l’insoumis François Piquemal côte à côte après l’annonce d’un accord trouvé en vue du second tour.
© Lionel BONAVENTURE / AF

Et soudain, la réconciliation. Après des semaines de guerre, la gauche a su se retrouver dans un café toulousain pour annoncer sa toute nouvelle amitié. Le socialiste François Briançon et l’insoumis François Piquemal ont scellé, en une nuit, un « accord de gouvernance commun ». Au mélenchoniste la mairie, au socialiste la métropole.

Un programme partagé a même été signé, un projet « dans lequel les points qui faisaient obstacle ont été levés ». Petit miracle. Le candidat du parti au poing et à la rose a évacué toute ambiguïté : « Quand on est de gauche, on rassemble la gauche. » Mathématiquement, ils se retrouvent ainsi en capacité de détrôner Jean-Luc Moudenc, l’homme qui règne en maître depuis presque douze ans sur la préfecture d’Occitanie. D’ailleurs, en 2020, le même scénario d’une gauche majoritaire en voix au premier tour n’avait pas permis de l’emporter au second tour. Prudence, donc.

Partout dans le pays, des accords se sont multipliés. Des mariages de convenance causés par deux dynamiques : les résultats très corrects du Parti socialiste (PS) dans ses bastions ainsi que la percée de La France insoumise (LFI) dans de nombreuses moyennes et grandes communes. La réalité arithmétique est là : en s’alliant, les gauches auraient de fortes chances de conserver la plupart des grandes villes qu’elles détenaient. Et elles pourraient même en gagner.

À Lyon, les gauches se sont ainsi très vite parlé. « Il y a une tradition à gauche, c’est de faire l’union autour de la personne arrivée en tête », a lancé la députée candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi au soir du premier tour. « La lutte contre l’extrême droite nous oblige à la responsabilité », lui a répondu Grégory Doucet. L’accord a été officialisé dès le lendemain du premier tour. Ainsi, le maire sortant pourrait garder sa mairie et battre Jean-Michel Aulas. L’ancien patron de l’Olympique lyonnais avait pourtant fait la course en tête dans les intentions de vote. « Cette bulle sondagière va éclater, croyait l’édile vert il y a quelques jours. Mais je ne prédis pas l’avenir. Je travaille à ce qu’il advienne. »

Des alliances évidentes

Pour conserver Besançon, l’édile écologiste Anne Vignot, soutenue par les socialistes et les communistes, devancée au premier tour par le candidat Les Républicains (LR) et vice-président du département, Ludovic Fagaut, a opté pour la même stratégie, fusionnant avec les insoumis. « Nous nous unissons pour battre la droite », affirme Séverine Véziès, la candidate mélenchoniste. À Grenoble, l’unitaire Laurence Ruffin a signé un accord avec l’insoumis Allan Brunon pour tenter de garder la ville à gauche et battre l’ancien maire LR Alain Carignon (1983-1995).

Doit-on vraiment jouer avec la possibilité de voir basculer la deuxième plus grande ville du pays dans l’escarcelle de

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