« J’ai l’impression que nous sommes les violonistes du Titanic »
Alors que les mondes du livre, du cinéma et de la musique s’inquiètent d’une concentration croissante des moyens de production et de diffusion culturelle, de l’essor de l’intelligence artificielle et de la progression de l’extrême droite, la question de l’indépendance artistique revient au premier plan. La réalisatrice et actrice Ariane Labed, l’écrivaine Blandine Rinkel et le rappeur Médine confrontent leurs expériences.
dans l’hebdo N° 1919 Acheter ce numéro

© Tristan Fewings / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP (Ariane Labed) / Maxime Sirvins (Médine) / Karen Assayag / Hans Lucas via AFP (Blandine Rinkel)
Une loi datant de 2016 stipule que « la création artistique et sa diffusion sont libres ». Qu’en pensez-vous ?
Ariane Labed : Cette loi apparaît comme bienveillante envers la création culturelle, mais elle n’empêche pas qu’au sein de la production culturelle ce soient certains types de récit qui se retrouvent financés, valorisés et diffusés. Je n’ai pour ma part pas pâti de censure au cours de ma carrière. Mais la culture se retrouve uniformisée par une censure silencieuse : les artistes apprennent ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire pour pouvoir percer. Je constate aussi, dans le cinéma et les
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