« Le Monde à l’endroit », dénicher le trauma
Sylvie Meyer met en lumière le travail de la psychiatre Muriel Salmona, spécialisée dans la prise en charge des victimes de violences.
dans l’hebdo N° 1934 Acheter ce numéro

© Nour Films
Avec Le Monde à l’endroit, la documentariste Sylvie Meyer s’est mise au service du travail de la psychiatre Muriel Salmona, qui concerne les violences sexuelles infligées aux enfants. Le film a donc une fonction première, celle de donner une visibilité à ce travail encore trop méconnu, qui offre une voie thérapeutique à des personnes souffrant de traumatismes psychologiques, pensant trop souvent que ce sont elles le problème.
Cependant, cette vocation d’utilité du film n’empêche en rien les questions de cinéma. Par exemple, comment des caméras peuvent-elles s’installer dans le cabinet de la psychothérapeute sans profondément perturber les échanges ? Est-ce même possible, à condition que les patient·es l’acceptent, d’un point de vie éthique ? À ces questions, la cinéaste a répondu en ayant recours à une forme de fiction. Le Monde à l’endroit est construit en quatre séquences se déroulant dans le cabinet de Muriel Salmona.
Entendre et voirEmpathie et pédagogie peuvent aller de pair, les spectateur·rices se familiarisant avec des termes comme « dissociation traumatique ».
Les trois premières sont des recompositions où la psychiatre est incarnée par trois actrices différentes : Isild Le Besco, Sandrine Bonnaire et Marianne Denicourt – qui, par ailleurs, ont eu dans leur propre vie maille à partir avec la violence. Deux des patient·es sont de vrai·es patient·es de Muriel Salmona, mais en fin de cure : elle et il en « rejouent », en condensé, les séances. La troisième est une jeune comédienne (Cyrille
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