Battisti, fin de cavale

Bernard Langlois  • 22 mars 2007 abonné·es

Ça tombe bien, on va dire ça comme ça.

C'est une pratique récurrente des gouvernements de droite que de chercher à faire « un coup » à la veille d'une élection : une façon de frapper l'opinion, censée réagir favorablement à une démonstration spectaculaire de fermeté, tout en embarrassant une opposition réputée laxiste. Disposer pour ce faire des moyens du ministère de l'Intérieur est un atout maître. On se souvient peut-être de l'entre-deux tours de l'élection de 1988 quand, Pasqua à la manoeuvre (un orfèvre !), la révolte kanake fut noyée dans le sang dans la grotte d'Ouvéa en même temps qu'aboutissaient opportunément les négociations secrètes permettant la libération des otages du Liban. Plus récemment, en juillet 2003, lors du premier séjour de Sarkozy place Beauvau, le principal suspect dans l'affaire de l'assassinat du préfet Érignac, Yvan Colonna, était fait aux pattes dans sa bergerie du maquis corse : deux jours avant ­ tiens, tiens ! ­ le référendum local sur le nouveau statut de l'île de Beauté [^2].

C'est fou ce que j'ai mauvais esprit.

Donc, on l'apprenait dimanche soir, la police brésilienne, en étroite collaboration avec la poulaille française, vient de mettre la main sur Cesare Battisti, en cavale depuis bientôt

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Edito Bernard Langlois
Temps de lecture : 7 minutes