« Trump veut jouer cavalier seul. C’est peut-être cela, son talon d’Achille »

Pour Maud Quessard, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et directrice de recherche à l’Irsem, les ambitions impériales du président américain peuvent être freinées par de nouvelles alliances post-occidentales.

Hugo Boursier  • 12 janvier 2026 abonné·es
« Trump veut jouer cavalier seul. C’est peut-être cela, son talon d’Achille »
Le président américain Donald Trump s'adresse aux journalistes alors qu'il quitte la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, DC, le 9 janvier 2026.
© Brendan SMIALOWSKI / AFP

Acquérir le Groenland « d'une manière ou d'une autre ». Frapper « très fort » l'Iran si des manifestants sont tués. Faire en sorte que Cuba accepte un accord « avant qu'il ne soit trop tard ». Bombarder l'État islamique en Syrie. Se retirer de 66 organisations internationales, dont une moitié liée à l'ONU, et du Giec. Le tout après avoir enlevé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, dans la nuit du 2 janvier 2026, et promis que le pays sera dirigé par les États-Unis. Voici, en une dizaine de jours, la manière dont Donald Trump entame la nouvelle année, après avoir bombardé le Nigeria, fin décembre.

Comment freiner les ambitions impérialistes de Donald Trump ? La spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et directrice de recherche à l’Irsem, Maud Quessard, donne des éléments de réponse et insiste sur les failles d'un président américain que l'on présente, trop souvent, comme tout puissant.

Ce lundi, le ministre des Affaires étrangères iranien a indiqué que l’Iran « ne cherchait pas la guerre mais y était totalement préparé ». Ali Khamenei a aussi affirmé que Donald Trump « sera renversé ». Comment le président américain appréhende-t-il ce type de menaces par la force ?

Maud Quessard : Entre les États-Unis et l’Iran, ces échanges de menaces s’inscrivent dans une longue histoire conflictuelle qui remonte à la révolution iranienne en 1979. Il n’y a pas de grande nouveauté sur ce dossier qui continue de réunir les faucons néoconservateurs à Washington. Les propos proférés par Téhéran ne sont pas de nature à faire vaciller l’administration Trump, renforcée par une relation resserrée avec Israël et une connaissance militaire très fine de la région.

Ce week-end a été la démonstration d’une guerre des mots, mais pas que, puisque les États-Unis ont aussi lancé de nouvelles frappes contre l’État islamique en Syrie. Ce qui est le plus préoccupant à mon sens, c’est la population iranienne,

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