L’Europe des peurs

Peur de l’étranger, insécurité alimentaire, crise énergétique… Toutes les peurs, réelles ou supposées, de l’opinion publique sont agitées au moment où la France prend la présidence de l’Union européenne. Lire notre dossier dans la rubrique « Société ».

Michel Soudais  • 26 juin 2008 abonné·es
L’Europe des peurs

Le 1er juillet, la France prendra la présidence de l’Union européenne. Une responsabilité qu’elle exercera durant six mois et qui, au-delà de la présidence des conseils et des deux sommets de l’UE, consiste essentiellement à faciliter l’avancement des dossiers, en ébauchant des propositions de compromis et en jouant le rôle de conciliateur entre les États membres. Limitée dans le temps, cette présidence tournante doit forcément se fixer des objectifs restreints. Depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy en a retenu quatre : développement durable et énergie, pacte européen sur l’immigration et l’asile, relance de l’Europe de la défense, bilan de santé et avenir de la politique agricole commune (PAC).

On trouve la première justification de ces priorités dans Ensemble, le livre-programme que le candidat de l’UMP avait publié en avril~2007 lors de la campagne présidentielle. «Les Français ont dit non à la Constitution européenne parce qu’ils avaient le sentiment que l’Europe ne les protégeait plus et qu’elle faisait d’eux non des acteurs mais des victimes de la mondialisation», écrivait alors Nicolas Sarkozy, en estimant que la «meilleure réponse» était de refaire «l’Europe des politiques communes». Si la création d’un «véritable gouvernement

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Déconstruire le duel des « deux France »
Anlayse 30 janvier 2026 abonné·es

Déconstruire le duel des « deux France »

Le territoire français est souvent décrit comme fragmenté par des différences sociales et géographiques perçues comme des fractures irréconciliables. Entre simplifications médiatiques et stratégies politiques, ces représentations alimentent un clientélisme électoral, au détriment des populations concernées.
Par Kamélia Ouaïssa
« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »
Entretien 29 janvier 2026

« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »

Chercheur spécialiste de la droite chrétienne américaine, Joan Stavo-Debauge met en perspective l’histoire de la droite chrétienne religieuse avec l’action de Donald Trump.
Par Hugo Boursier
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »
Rassemblement 28 janvier 2026 abonné·es

« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »

Fondé en mai par le député de Paris Pouria Amirshahi (apparenté Écologiste et social), le mouvement La Digue s’emploie à constituer un front transpartisan contre le mouvement fascisant emmené par Donald Trump. En appelant à un rassemblement, soutenu par la Ligue des droits de l’Homme, « en solidarité avec le peuple américain », sous le coup de la répression de la police de l’immigration, ce mercredi, à Paris.
Par Olivier Doubre
« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »
Entretien 27 janvier 2026 abonné·es

« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »

L’anthropologue Clara Lecadet décrit comment les personnes expulsées de France ou d’Europe s’organisent pour donner une visibilité politique à leur situation dans l’espace public de leur pays d’origine ou de renvoi.
Par Pauline Migevant