Un parti balkanisé
Les socialistes ont rarement eu à trancher entre autant de motions. L’éclatement de la majorité dirigeante augure un congrès tendu, à l’issue duquel les jeux d’appareil pourraient bien avoir le dernier mot.
dans l’hebdo N° 1019 Acheter ce numéro
Les socialistes ne sont pas passés loin d’un record historique. Avec six motions d’orientation en concurrence, le congrès de Reims verra s’affronter autant de courants qu’au congrès d’Épinay. Un de moins qu’au congrès de Rennes, de funeste mémoire. Le pire est-il pour autant écarté ? Jusqu’au conseil national de synthèse, mardi en fin d’après-midi, les socialistes auront multiplié les rencontres discrètes, les tractations confidentielles et les tentatives de conciliation. À ce petit jeu, où chaque auteur de contribution – on en comptait vingt-et-une début juillet – cherche avec qui il va pouvoir s’entendre pour rédiger une motion susceptible de compter à défaut d’être majoritaire seule, les portables et les SMS ont supplanté les conciliabules intempestifs de couloir. De ses approches en coulisse, l’adhérent de base n’aura perçu que l’écume : une déclaration de Ségolène Royal sur TF 1, appelant à mettre « au frigidaire les questions de candidature » , un jour ; un meeting commun Bertrand Delanoë-François Hollande, le lendemain… Cette agitation n’a toutefois pas permis que « se rassemblent tous ceux qui pensent la même chose » , comme François Hollande le réclamait, il est vrai sans grande conviction. Les mises en garde des vigies de la majorité sortante criant « casse-cou » ont été tout aussi vaines. La « décantation » – terme prisé rue de Solferino – reste inachevée. Et le PS apparaît plus morcelé que jamais.
François Hollande et Bertrand Delanoë, lors d’un meeting commun à Cergy, mardi 18 septembre. Michel Soudais
Quatre grandes motions sont sur la table, émanant du maire de Paris, Bertrand Delanoë, soutenu par le premier secrétaire sortant ; de l'ex-candidate à la présidentielle, Ségolène
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