Ben Gourion : promenade ou impasse ?

La décision du maire de Paris de donner le nom de David Ben Gourion à une promenade plantée fait fi de l’action colonisatrice de ce dernier.

Michèle Sibony  et  Adnane Ben Youssef  • 1 avril 2010 abonné·es

En juillet 2008, le conseil municipal de Paris décidait de donner à une promenade plantée le nom de David Ben Gourion. Le maire de Paris vient de choisir d’inaugurer cette promenade le 13 avril prochain, avec Shimon Peres, président de l’État d’Israël, comme invité d’honneur. Cette décision – dans le contexte d’aujourd’hui – nécessite quelques rappels. Ben Gourion, c’est d’abord un mythe, celui du chef fondateur d’un petit État créé au lendemain du génocide des juifs d’Europe, un État de rescapés, rejeté par le monde arabe hostile qui l’entoure, qui se bat le dos à la mer pour sa survie. Celui aussi de la main tendue à l’ennemi. Le maire de Paris, dans un communiqué du 10 mars dernier, reprend tous les éléments du mythe : Ben Gourion est l’homme qui a eu « le courage de

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