Syrie : Assad, le « libérateur »

« Palmyre libérée ! », étrange conception de ce qu’est une libération.

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« Palmyre libérée ! », entend-on dans différents médias depuis que, dimanche, l’armée de Bachar Al-Assad a repris à Daech le contrôle de Palmyre. Étrange conception de ce qu’est une libération. Certes, que les troupes de l’État islamique soient chassées d’une ville où elles ont commis tant d’atrocités n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais par qui sont-elles remplacées ? Par ceux-là mêmes qui n’ont rien fait pour empêcher les jihadistes d’investir la ville, en mai 2015, lorsqu’ils l’ont évacuée sans livrer bataille. Assad avait pourtant toute latitude, alors, pour pilonner les colonnes de Daech dans le désert palmyrien et freiner leur progression. Mais le despote avait des raisons ­personnelles de livrer à son triste sort la population de la ville : l’opposition syrienne y était active, organisant une manifestation contre le régime dès 2011. Et nombre d’opposants y ont été torturés et massacrés pendant des décennies. Quant au pillage et au pilonnage du site antique, Daech n’a fait que poursuivre l’« œuvre » de destruction du dictateur.

Soutenu massivement par la Russie, Assad peut se targuer d’une victoire sur Daech avec la reconquête de « la perle du désert ». Mais seuls les idiots utiles du régime, comme les cinq députés français Les Républicain venus à Damas en soutien aux chrétiens d’Orient, ont salué Bachar Al-Assad comme un allié et un agent de la paix.


Photo : MIKHAIL VOSKRESENSKIY / RIA NOVOSTI / AFP

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