La gauche échoue de peu à déposer une motion de censure

Michel Soudais  • 11 mai 2016
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La gauche échoue de peu à déposer une motion de censure
© Photo: JOEL SAGET / AFP

À deux signatures près. Jusqu’à la dernière minute les opposants de gauche au projet de loi travail ont espéré réunir assez de signatures de députés pour déposer leur propre motion de censure contre le gouvernement, au lendemain du recours gouvernemental au 49-3 sur le projet de loi travail.

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À l’expiration du délai de dépôt, à 16h35, le projet de motion « avait recueilli 56 signatures, il en fallait 58 », a fait savoir le frondeur socialiste Laurent Baumel. Il a précisé qu’il y avait « plus de 30 socialistes » parmi les signataires. L’analyse de la liste des signataires de cette motion initiée par le Front de gauche et communiquée ultérieurement réserve quelques surprises. On y compte:

  • 28 membres du groupe PS, dont 3 apparentés,

  • 13 membres du groupe GDR, dont les 10 députés Front de gauche et 3 ultra-marins,

  • 10 membres du groupe EELV,

  • 4 non-inscrits (les deux ex-frondeurs Pouria Amirshahi et Philippe Noguès, Thomas Thévenoud et Jean Lassalle),

  • un radical (Jérôme Lambert).

André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme et président du groupe GDR n’a pas caché sa déception d’avoir échoué aussi près du but, mais il y voit néanmoins « un signe très fort envoyé au gouvernement ». Comme il l’avait déjà annoncé, il a confirmé que les dix députés Front de gauche de son groupe voteront la motion déposé par la droite, bien qu’étant en désaccord total avec les positions qu’elle défend :

C’est le seul moyen qu’il nous reste de voter contre ce projet de loi, parce que nous voulons le retrait de ce texte gravissime.

« Ce texte peut encore être bloqué en demandant aux députés socialistes de soutenir la motion de censure qui sera présentée par la droite, affirme pareillement une pétition, signée mercredi à 20h par 274 700 personnes sur internet. C’est aujourd’hui le seul moyen d’empêcher le gouvernement de nous imposer une modification du code du travail qui ne convient pas à l’immense majorité : (petites et moyennes entreprises et salariés). Il est temps que la démocratie s’exerce de nouveau. »

Telle n’est pas la position des frondeurs du PS. Laurent Baumel a confirmé qu’ils ne voteraient pas la motion de droite débattue jeudi à 16h. Les élus écologistes signataires de la motion avortée ne voteront pas non plus jeudi la motion déposée par LR et UDI. Une pétition lancée, hier après-midi sur internet demande néanmoins aux députés de voter la motion de censure 

Interrogé sur le fait de savoir si les signataires avaient encore leur place au sein du groupe socialiste, ce député d’Indre-et-Loire a répondu : « On verra. Chacun prendra ses responsabilités. » « On a fait notre devoir (…) Je ne crois pas que la direction du PS aurait intérêt à punir des socialistes qui défendent des principes socialistes », a-t-il lancé. Député de Vendée et porte-parole du groupe PS, Hugues Fourage (profession: DRH de la CCI de Vendée) n’exclut pas des sanctions: « Déposer une motion de censure est un acte grave, a lancé ce proche de Manuel Valls. C’est à eux de sortir. S’ils ne le font, pas, nous, il faut qu’on se pose la question. »

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