La sécurité contre le sécuritaire

Dans un contexte d’état d’urgence post-attentats et face à un terrorisme mondialisé, la gauche peut-elle penser la sécurité sans tomber dans le sécuritaire ?

Ingrid Merckx  • 28 septembre 2016
Partager :
La sécurité contre le sécuritaire
© Photo : GERARD JULIEN/AFP

La sécurité est-elle le grand impensé de la gauche ? Les voix politiques se font très rares sur le sujet. Dans un contexte d’état d’urgence post-attentats et face à un terrorisme mondialisé, la gauche peut-elle penser la sécurité sans tomber dans le sécuritaire ?

LIRE >> Sécurité : Changer de stratégie

Les 30 septembre et 1er octobre, l’Appel des appels organise des journées sur le thème : « La sécurité est ailleurs ». Pour une partie des intervenants, les politiques sécuritaires ne protègent pas du danger, voire en ajoutent. Se profile le spectre de la surveillance de masse et de la dérive autoritaire. Les États-Unis font l’expérience d’un Patriot Act version light : le Freedom Act. Tandis que la Norvège oppose à la menace pacifisme et rédemption. Quelle est la voie de la France dans une Europe qui cherche sa stratégie ?

LIRE >> Sécurité : Comment font les autres  ?

Le gouvernement annonce 2 100 créations d’emplois à la Justice et 1 746 à l’Intérieur en 2017. Ces moyens sont-ils à la hauteur et déployés aux bons endroits ? En mars 1997, le Parti socialiste avait adopté le rapport de Bruno Le Roux et de Daniel Vaillant : « La sécurité pour garantir la cohésion sociale ». Ils envisageaient la sécurité comme « une coproduction entre les services publics, les polices municipales réglementées, les gardiens d’immeuble ou les gardes privés, les travailleurs sociaux et les associations ; mais aussi avec la population ».

LIRE >> Sécurité : « Il faut repenser le travail de la réinsertion »

Quelle coproduction aujourd’hui quand le sécuritaire infantilise les citoyens  ? Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, Laurence Blisson juge nécessaire d’apporter une réponse à la fois répressive et éducative, et de repenser le travail de la réinsertion.

Société Police / Justice
Publié dans le dossier
La sécurité contre le sécuritaire
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »
Entretien 29 janvier 2026

« Les évangéliques étaient très disposés à embrasser un personnage comme Trump »

Chercheur spécialiste de la droite chrétienne américaine, Joan Stavo-Debauge met en perspective l’histoire de la droite chrétienne religieuse avec l’action de Donald Trump.
Par Hugo Boursier
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »
Rassemblement 28 janvier 2026 abonné·es

« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »

Fondé en mai par le député de Paris Pouria Amirshahi (apparenté Écologiste et social), le mouvement La Digue s’emploie à constituer un front transpartisan contre le mouvement fascisant emmené par Donald Trump. En appelant à un rassemblement, soutenu par la Ligue des droits de l’Homme, « en solidarité avec le peuple américain », sous le coup de la répression de la police de l’immigration, ce mercredi, à Paris.
Par Olivier Doubre
« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »
Entretien 27 janvier 2026 abonné·es

« Tout est fait pour invisibiliser les expulsions »

L’anthropologue Clara Lecadet décrit comment les personnes expulsées de France ou d’Europe s’organisent pour donner une visibilité politique à leur situation dans l’espace public de leur pays d’origine ou de renvoi.
Par Pauline Migevant
« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »
Témoignage 27 janvier 2026

« Ils m’ont attaché les pieds, les mains, tout était enchaîné »

Arrivé en France à l’âge de 16 ans, Mouminy a été visé par trois OQTF entre ses 18 et ses 22 ans. Après avoir été expulsé en Guinée en 2018, il a pu revenir en France légalement, grâce à des réseaux de solidarité.
Par Pauline Migevant