Exit Bayrou et Sarnez

Les démissions des deux derniers ministres MoDem du gouvernement portent à quatre le nombre d’« exfiltrés » pour cause d’affaires.

Denis Sieffert  • 21 juin 2017
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Exit Bayrou et Sarnez
© photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Il n’y a plus de représentants du MoDem au gouvernement. Après Sylvie Goulard, ministre des Armées, qui a démissionné mardi soir, ce sont François Bayrou et Marielle de Sarnez qui ont donné leur démission mercredi matin.

Ces départs en cascade sont la conséquence de l’affaire des attachés parlementaires européens soupçonnés de cumuler cette fonction avec un emploi au sein du MoDem. Les trois ministres, qui ne sont à l’heure actuelle pas mis en examen, s’attendent sans doute à une évolution rapide de leur statut juridique.

La ministre des Armées d’abord, le garde des Sceaux et la secrétaire d’État aux Affaires européennes ensuite, ont préféré devancer une éventuelle mise en examen, en profitant du remaniement « technique » qui fait suite aux législatives. Il est infiniment probable qu’ils ont été poussés dehors par le président de la République. La situation était particulièrement délicate pour François Bayrou, qui portait le projet de « moralisation de la vie publique ».

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Accident de parcours

Du coup, le remaniement n’a plus rien de technique. Le gouvernement d’Édouard Philippe risque d’être aux seules mains du parti présidentiel. C’est un gros accident de parcours pour Emmanuel Macron, qui avait donné au gouvernement une apparence de pluralité avec trois ministre MoDem, dont François Bayrou qui l’avait soutenu de façon décisive pendant la campagne présidentielle, notamment par son renoncement à une candidature.

C’est un énorme faux pas pour le nouveau Président, qui traverse, un mois après la formation de son gouvernement, sa première crise politique grave. Même s’il en minimise les effets en anticipant une éventuelle mise en examen qui interviendrait après la formation du gouvernement. L’affaire relativise sérieusement les proclamations de vertu politique, surtout qu’elle vient après « l’exfiltration » de Richard Ferrand, visé par une enquête préliminaire de la justice.

Ce qui fait quatre de chute pour le gouvernement, et non des moindres. Après un état de grâce médiatique, les ennuis commencent. Et l’image de renouvellement des mœurs politiques en prend un sacré coup. En attendant peut-être des épreuves plus rudes sur la question sociale.

Politique
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