Chômage : « Le service public vous désintègre socialement »
Mélanie, Jean-François, Marie et Yacine témoignent de leurs difficiles relations avec l’administration de Pôle Emploi.
dans l’hebdo N° 1500 Acheter ce numéro

Mélanie, 47 ans
Pôle emploi, c’est un suivi purement administratif, les conseillers ne sont pas assez qualifiés pour accompagner la majorité des chômeurs. Je me suis inscrite à l’ANPE en 2002 en tant que directrice artistique. Mon métier n’était pas répertorié dans les listes de l’administration. Un profil comme le mien, jusqu’en 2007, c’était la planète Mars pour Pôle emploi. Comment voulez-vous qu’on me conseille ?
Jusqu’en 2013, j’ai alterné les périodes d’intérim, de CDI et de chômage. En 2014, je ne trouve plus rien, alors je décide de me reconvertir dans la garde d’enfants. Je suis une formation d’auxiliaire en puériculture, tout en faisant du baby-sitting pour pouvoir manger. Mais, fin 2015, les drames s’accumulent : une double fracture du genou, le décès de ma mère, les attentats en bas de chez moi, et je subis les foudres d’un pervers narcissique. Pour ne rien arranger, je me sens comme un ovni dans la formation. Béquilles, piqûres tous les jours, problèmes administratifs… En mars, je craque et décide d’arrêter les cours. Là, une engueulade hallucinante. La conseillère me met la pression, me fait du chantage : si je ne retourne pas en formation, on m’enlève toutes mes allocations. J’ai fini par faire un scandale. Il a fallu que je rencontre la directrice, que je me justifie par un courrier, que je passe devant une