Le juteux business des données personnelles
Le profilage de plus en plus précis des consommateurs, par le traçage de leurs faits et gestes en ligne comme dans la vraie vie, est en passe de métamorphoser notre économie.
dans l’hebdo N° 1507 Acheter ce numéro

Nous le savons désormais sans trop y prêter attention, chacun de nos mouvements sur Internet est enregistré, décrypté et compilé dans d’immenses bases de données. Pour le reste, le commun des mortels ignore à peu près tout. Que valent ces données ? Qui s’y intéresse ? Pour quel usage ? Est-ce finalement problématique, pour un quidam qui n’a rien à cacher et très peu à dépenser ?
Première réponse : nos données personnelles représentent, selon le cabinet IDC, un marché de 60 milliards d’euros en 2016, qui devrait croître d’un tiers d’ici à 2020. Et leur valorisation pourrait générer, indirectement, une richesse cinq fois plus importante. Le big data est donc devenu une nouvelle obsession dans la plupart des entreprises. Où la multiplication des appareils connectés et des outils numériques génère une masse infinie d’informations, abondée par la manie du « reporting » qui contamine tous les secteurs d’activité.
La plupart du temps, les entreprises tentent de mettre à profit leur propre base de données : dans l’industrie, des capteurs permettent d’affiner la maintenance des installations industrielles ; chez les opérateurs téléphoniques, l’analyse des habitudes des abonnés permet de prévenir les résiliations, par exemple. C’est le côté clair de l’analyse des données. Celui qui permet des innovations sans entraver le respect de la vie privée, à l’instar de l’open data, mouvement de transparence qui s’impose progressivement aux administrations.
Mais les données personnelles