Services publics : L’Europe a bon dos

Le processus de privatisation, souvent poussé par les États, s’approfondit encore en touchant des secteurs jusqu’alors préservés. Pourtant, une fenêtre s’ouvre pour un véritable bilan.

Erwan Manac'h  • 16 janvier 2019
Partager :
Services publics : L’Europe a bon dos
photo : Barrage du Mont-Cenis.
© Alain Pellorce

La privatisation est un processus lent, qui avance à bas bruit dans la technicité des « mises en concurrence » et le flou juridique des directives européennes. Il détricote, fil après fil, des réseaux qui constituaient les grands piliers de l’État social. Toujours avec les garde-fous suffisants, en apparence, pour dissiper les résistances. En franchissant chaque fois un pas supplémentaire vers la consécration d’une pensée comptable qui fait peu de cas de tout ce qu’on ne peut soupeser sous forme de bénéfices escomptés.

Et ça continue, encore et encore. Sans prêter attention au sentiment d’abandon et d’iniquité semé par les fermetures de bureaux de poste, de maternités et de petites lignes de chemin de fer, ou par l’envol injustifié des tarifs des péages, des factures de gaz et d’électricité, etc.

Le processus s’approfondit au contraire en touchant des équipements jusqu’alors préservés pour leurs attraits stratégiques, comme les aéroports ou les barrages hydroélectriques. Il devrait encore se creuser, en France, si Emmanuel Macron poursuit le plan de réformes engagé depuis son élection, qui s’attaque au cœur des missions de l’État pour les déléguer à des entreprises privées et remet en question le régime social de la fonction publique.

Une fenêtre favorable s’ouvre pourtant pour un véritable bilan de vingt ans de privatisations. Entre la contestation inédite des gilets jaunes, qui s’enracine autour de sujets économiques et sociaux, et la période électorale qui s’ouvre à l’échelle européenne. Cette même échelle qui a servi à dimensionner le marché « libre et non faussé » appelé à supplanter les services publics.

Économie Société
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie
Violences • 18 octobre 2026

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie

Une adolescente, Maïssa, a été gravement blessée à l’œil au cours de tirs de lacrymogènes par les forces de l’ordre le 17 octobre à Mulhouse. Elle a reçu un projectile en plein visage, une grenade lacrymogène selon des témoins et ne retrouvera pas la vision de l’œil gauche. La justice a saisi la police des polices.
Par Céline Martelet et Pauline Migevant
Dans le Pas-de-Calais, la jeunesse rallume la flamme des gilets jaunes
Reportage • 18 octobre 2026 abonné·es

Dans le Pas-de-Calais, la jeunesse rallume la flamme des gilets jaunes

Le 17 octobre, de Calais à Boulogne-sur-Mer, gilets jaunes, lycéens, étudiants et militants se sont mobilisés pour soutenir la contestation de la jeunesse. Entre barrages filtrants, revendications sociales et dénonciation des violences policières, les manifestants ont tenté de faire converger leurs luttes.
Par Maël Galisson
Manifestations du 17 octobre : « C’est la convergence des colères aujourd’hui »
Reportage • 17 octobre 2026

Manifestations du 17 octobre : « C’est la convergence des colères aujourd’hui »

Selon les organisateurs des manifestations, 800 000 personnes ont battu le pavé ce 17 octobre partout en France, et 550 000 selon le ministère de l’Intérieur. À Paris, la mobilisation a pris les airs d’un nouvel acte des gilets jaunes, huit ans après le début du mouvement. Reportage.
Par Céline Martelet
65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police
Colonialisme • 16 octobre 2026

65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, la même police

Ces dernières semaines, les mobilisations lycéennes ont été marquées par de fortes répressions. 65 ans après le massacre du 17 octobre 1961, les pratiques de la police continuent de porter les traces de son histoire coloniale.
Par Kamélia Ouaïssa