« L’espoir de l’Algérie »
Fer de lance de manifestations qui ne faiblissent pas, les étudiants s’organisent et découvrent le débat politique. En ligne de mire, la fin du système incarné par Bouteflika.
dans l’hebdo N° 1546 Acheter ce numéro

Ce matin-là, ils sont une trentaine à s’activer. Lahcen, Rania, Meriem, Malik, Kamel… Tous s’y mettent. C’est l’heure de l’atelier banderoles à l’École nationale polytechnique (ENP) d’Alger, dans la banlieue est de la ville. Ces étudiants ont investi une salle du premier étage de la prestigieuse école d’ingénieurs. Depuis plus d’une semaine, ils refusent les « vacances forcées », comme ils les appellent. Car, dans l’espoir de calmer la révolte et de vider les campus, le gouvernement a avancé de deux semaines le début des congés de printemps. Une fois les portes des cités universitaires fermées, beaucoup d’étudiants ont été obligés de rentrer dans leur famille.
La manœuvre du pouvoir est grossière. Mais, à l’ENP, beaucoup d’étudiants sont algérois. C’est le cas de Kamel, en troisième année, qui fait trois heures de transport tous les jours pour venir assister aux divers ateliers : slogans, vulgarisation de termes politiques, débat. Lui et quatorze de ses camarades – un ou une par filière – sont « porte-parole ». Et il préfère ce terme à celui de « représentant » car, dit-il, « chacun se représente soi-même ». Ils ont été élus via des votes sur des groupes privés Facebook. Une pratique virtuelle mise en place pour presque toutes les questions internes, de l’heure des débats au contenu des communiqués.
Kamel manifeste à Alger depuis la première grande mobilisation du 22 février. Dès le début du mouvement, il a publié sur son compte Facebook une vidéo qui, en moins