Marie-Christine Vergiat : « Quelquefois, les élu·e·s progressistes gagnent »

Minoritaires au Parlement européen, la gauche et les écologistes parviennent pourtant à former des majorités et à emporter des succès, notamment sur la santé, l’environnement et les droits humains.

Patrick Piro  • 22 mai 2019 abonné·es
Marie-Christine Vergiat : « Quelquefois, les élu·e·s progressistes gagnent »
© photo : Le 15 février 2017, les eurodéputés votent sur le projet d’accord de libre-échange UE-Canada, le Ceta.crédit : ELYXANDRO CEGARRA/NurPhoto/AFP

Marie-Christine Vergiat achève au sein du groupe Gauche unitaire européenne-Gauche verte nordique un second mandat au Parlement européen. Elle est très active sur les questions de droits sociaux, de migration, de santé ou d’environnement. Militante des droits de l’homme et de l’éducation populaire élue sous l’étiquette Front de gauche, elle aurait postulé à nouveau « si la gauche française s’était présentée unie au scrutin ». Elle cosigne un appel à « refonder la gauche » au côté de nombreuses personnalités (1).

La gauche et les écologistes sont minoritaires au Parlement européen. Au bout de dix années de mandat, avez-vous eu le sentiment de faire avancer vos causes ?

Marie-Christine Vergiat : Dans le jeu des rapports de force au sein du Parlement européen, aucun groupe politique n’a la majorité à lui tout seul. Le groupe du Parti populaire européen (PPE), la droite classique, où siègent Les Républicains, dispose de 216 élus, les socialistes et démocrates (S&D) de 185. Ces deux blocs parviennent régulièrement à se mettre d’accord sur les questions économiques. Cependant, quand il y a divergence entre eux, d’autres rapports de force peuvent se construire. Dans le domaine social, le camp « progressiste », constitué par la gauche européenne, les Verts et les socialistes, est minoritaire. Sur les questions des droits et des libertés fondamentales, il est, à l’inverse, souvent possible de constituer des majorités alternatives – et de décrocher des résultats – avec l’appui du groupe des libéraux (ADLE), alors qu’il vote avec la droite sur les sujets économiques. Et sur les questions de santé et d’environnement, les majorités sont très étroites, elles se jouent généralement à quelques voix et basculent très vite en fonction des amendements, de la présence des député·e·s, etc.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Politique
Temps de lecture : 10 minutes

Pour aller plus loin…

Face à l’internationale fasciste, les gauches françaises rêvent de rebâtir des ponts
Analyse 20 avril 2026 abonné·es

Face à l’internationale fasciste, les gauches françaises rêvent de rebâtir des ponts

Des initiatives politiques et issues de la société civile construisent un réseau de solidarité mondiale pour remporter la bataille culturelle contre l’extrême droite. Objectif : tout faire pour l’empêcher de gouverner, mais aussi se préparer au mieux pour y résister.
Par Hugo Boursier et Lucas Sarafian
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier
Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse

Né en 2016 de la promesse de dépasser les clivages et de réinventer la vie politique, le macronisme a rapidement conquis le pouvoir. Dix ans plus tard, entre virage assumé à droite, fractures internes et absence d’ancrage, le mouvement apparaît affaibli, tandis que les lignes partisanes qu’il prétendait abolir ressurgissent avec force.
Par Alix Garcia
« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, la socialiste et maire sortante Hélène Geoffroy critique la stratégie d’opposition de la France insoumise, et regrette que le PS n’ait « rien produit » dans l’opposition face à Emmanuel Macron.
Par Alix Garcia